John Gobbi: "L'objectif, c'est d'être championnes suisses"
Les Gottéron Ladies ont parfaitement lancé leur saison. Nous évoquons leur développement avec le directeur général des Dragons.

L'équipe féminine de Fribourg-Gottéron a réussi un excellent début de saison. Victorieuses face à Berne vendredi (2-0), les Ladies ont remis ça dimanche face à Neuchâtel (4-1), à l'occasion du Big Day organisé par Fribourg-Gottéron.
Invité de notre émission Ici c'est Fribourg, John Gobbi a évoqué la formation fribourgeoise, qui dispose désormais de son propre vestiaire et d'un budget de 450'000 francs.
Radio Fribourg: Pourquoi est-ce si important pour vous et pour Fribourg-Gottéron d'investir dans le hockey féminin?
John Gobbi: D'abord parce que, pour toute la famille Gottéron, c'est important d'avoir une place pour tout le monde. Il nous manquait une place pour les filles qui veulent jouer au hockey. Maintenant, depuis cinq ans, on a pu intégrer l'équipe Ladies et on est très fiers de l'avoir.
On était le premier club romand à avoir toutes les catégories de la plus haute division. Elles ont fait d'excellents résultats: troisièmes l'année passée, finalistes de la Coupe l'année précédente. On est en pleine progression.
Contrairement à l'équipe masculine, l'équipe féminine vous coûte plus d'argent qu'elle n'en rapporte. Est-ce que ce n'est pas problématique dans un modèle de business?
C'est un investissement à long terme et stratégique. C'est la même chose pour le mouvement junior. Cette année, pour la première fois dans l'histoire du club, on a un budget qui dépasse les 3 millions.
On croit beaucoup dans ce projet. C'est aussi quelque chose dans lequel on veut continuer à investir. Et des actions comme celle qu'on a faite aujourd'hui, lors du Big Day, pour faire découvrir le hockey féminin au public masculin, sont très importantes pour nous.
On sait que le hockey féminin est un produit différent du hockey masculin. Il ne faut pas s'attendre à avoir la même expérience.
On voit beaucoup d'actions de la part de Fribourg-Gottéron pour le hockey féminin. Malgré tout, au niveau de l'affluence, le public ne suit pas forcément. Est-ce que c'est décevant?
Non, ce n'est pas décevant. Après, c'est une longue journée aujourd'hui. On sait qu'il y a quand même autour de 500 à 600 personnes et puis le but, c'est de faire découvrir aussi le hockey féminin. On va faire plusieurs autres actions.
On va chercher à créer une expérience différente parce qu'on sait que le hockey féminin est un produit différent du hockey masculin. Il ne faut pas s'attendre à avoir la même expérience. Mais c'est très plaisant à voir, c'est très engageant aussi.
Maintenant, avec les contacts physiques du hockey féminin, ça amène quelque chose de plus encore. Grâce aussi à la montée de Lausanne, il y aura des derbies en plus de ceux contre Genève et Neuchâtel, alors ça va donner de l'engouement. Et voilà, on va continuer à accentuer ça, à créer des actions pour amener des gens à découvrir ce sport.
Est-ce qu'on cherche le même public que pour les hommes ou alors on veut amener d'autres personnes à la patinoire, qui ne vont pas forcément regarder les matchs des hommes?
On cherche les deux. On cherche des gens qui suivent le hockey masculin et on cherche aussi des gens qui veulent venir en famille, passer un bon moment, dans un cadre peut-être un peu plus calme. Mais comme pour tout, il faut faire découvrir ça. Et pour ça, on fait des actions comme aujourd'hui.
Vous parliez d'investissement à long terme. Quel est l'objectif pour les Ladies, autant sportivement que peut-être financièrement?
Sportivement, c'est d'être championnes suisses. Et puis, à long terme, bien sûr, le but est aussi de remplir la patinoire.
On veut aussi continuer à investir dans le mouvement junior pour que plus de filles fassent du hockey. Il faut qu'on ait une équipe première compétitive sur la glace pour donner envie aussi à des jeunes filles de commencer le hockey sur glace et, un jour, de prendre la place de ces filles qui sont actuellement sur la glace.
C'est possible un jour d'avoir une équipe féminine rentable et qui remplisse la BCF Arena?
Oui, bien sûr, c'est possible.


