La louve F78 est en sursis

Fribourg soutient les mesures prises vendredi par le canton de Berne, à savoir tirer l'animal suite aux dégâts sur des animaux de rente.

Depuis le mois d'octobre, au total, ce sont 36 bêtes qui ont été tuées, de quoi inciter les autorités bernoises à prendre ces mesures. Fribourg emboîte le pas par extension, puisque le tir doit avoir lieu dans un périmètre incluant aussi la région du Gantrisch.

Et c'est maintenant ou jamais, précise Elias Pesenti, inspecteur de la chasse au service fribourgeois des forêts et de la nature: "les probabilités d'attaque augmentent avec la saison d'estivage. De plus, la femelle est protégée du mois d'avril au mois de juillet, durant la période de reproduction, donc si on veut intervenir, c'est maintenant."

Protéger les générations futures

Le spécialiste précise aussi "si on part du principe que la femelle F78 s'est spécialisée sur les moutons, dans quelques mois, on aura des jeunes. Et donc la femelle peut transmettre cette caractéristique à ses petits. C'est aussi important d'intervenir pour protéger les autres loups présents dans le territoire cantonal.

Actuellement on estime à 3 le nombre de loups dans le canton de Fribourg. Deux individus dans la région singinoise et un dans celle de l'Intyamon.

Loup davantage observé?

Avec trois individus sur le territoire, on pourrait croire que les prédateurs sont plus fréquemment observés ces derniers temps. Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte, selon Elias Pesenti. "La mobilité des jeunes loups en période de reproduction en est une. Mais il y a aussi eu énormément de neige en montagne, ce qui explique que le gibier est descendu, et les prédateurs l'ont suivi à plus basse altitude."

L'inspecteur fribourgeois de la chasse estime aussi qu'avec la pandémie, les gens se promènent davantage et sont ainsi plus sensibles à la présence de la faune.

RadioFr. - Sarah Camporini / Sophie Corpataux