Malgré la crise, il ouvre un magasin à la ferme

A Epagny, Emmanuel Haar a ouvert un commerce où sont vendus les produits de sa ferme avicole. Rencontre.

Emmanuel Haar, directeur de la ferme avicole La Belle Luce, a décidé d’ouvrir un magasin à la ferme à Epagny, où il élève ses poulets aux pattes noires. "On a eu un magasin à Bulle, pendant 10 ans. Mais entre les places de parking et le loyer, on a préféré ouvrir quelque chose sur le site agricole", explique-t-il.

L’ouverture était prévue en 2020, mais suite à des retards dans les démarches administratives, le magasin n’a pu ouvrir ses portes qu’à la fin du mois d’avril. La crise liée au Covid n’a pas remis en question l’ouverture du magasin, au contraire.  "Cette ouverture était très attendue", poursuit le directeur de la ferme avicole. "Avec le Covid et la fermeture des restaurants, on a perdu une partie de notre chiffre d'affaires, car le milieu de la restauration représente 60% des ventes. Il a fallu compter sur les clients privés pour tenter de rattraper les pertes."

Cette ouverture fait sens à l’heure actuelle, car le contact avec les vendeurs est nécessaire selon Emmanuel Haar. "Il faut expliquer comme cuisiner le poulet, comment il a été élevé et d’où il vient. C’est une garantie pour le consommateur."

La proximité avant tout

Avec la crise, les produits du terroir et de la région ont de plus en plus la cote. Une enquête de l’Office fédéral de l’agriculture indique que 93% des personnes interrogées ont déclaré acheter, dans la mesure du possible, des produits agricoles suisses, appréciant les conditions de production plus strictes qu’à l’étranger et les courtes distances de transport.

"On reçoit les poussins depuis Belp, ils sont ensuite élevés ici, à Epagny. Au bout de trois mois d’élevage, ils sont abattus sur place. Écologiquement, c’est très bon. Et pour le stress des animaux, c’est aussi positif: il n’y a pas de transport, ça se fait la nuit", détaille Emmanuel Haar.

Aller de l’avant

Malgré ce succès, l'ombre de la pandémie plane encore. "Ça va être compliqué de rattraper les pertes. On a fait des économies via les RHT, mais ça va être difficile. On a eu le crédit Covid qui nous a bien aidés, on a aussi pu acheter d’autres marchés. Ce qui nous manque aujourd’hui, pour notre développement, c’est d’avoir un peu plus de terrains agricoles", conclut l'éleveur de volaille.

Ecouter le reportage complet:

Durant la crise, de nombreux Fribourgeois ont décidé de créer une entreprise ou de se lancer dans un nouveau projet professionnel. Episode précédent: Restauratrice, elle se reconvertit durant le Covid

 

RadioFr. - Lauriane Schott