La RTS va diffuser de nouveaux témoignages sur Denis Vipret
La RTS obtient le feu vert de la justice pour diffuser de nouveaux éléments concernant l'affaire Vipret. Le média dit avoir recueilli 22 témoignages additionnels.

La RTS révèle aussi vendredi "qu’au moins cinq plaintes pénales ont été déposées contre Denis Vipret". Deux femmes, Christine et Jacqueline, ont accepté de témoigner à visage découvert. Leurs récits seront diffusés ce vendredi par la RTS dans l'émission Forum et le 19h30.
Au vu de la teneur des rebondissements, le diffuseur a saisi à son tour la justice et obtenu la levée immédiate des mesures bloquant la diffusion de nouvelles informations sur les pratiques du guérisseur.
Dans la foulée, la RTS a publié un article vendredi après-midi sur son portail en ligne RTS info. L'entité romande de la SSR considère "l’intérêt prépondérant du public d’être informé". Le blocage perdure en revanche pour les enquêtes initiales du diffuseur, qui entend faire valoir en justice le bien-fondé de son travail.
Liberté de la presse
"C’est une victoire importante pour la liberté de la presse et l’information à la population romande. Après huit semaines de bataille judiciaire et l’émergence d’un débat sur la place publique, la RTS est finalement autorisée à publier de nouvelles enquêtes sur Denis Vipret", a relevé son porte-parole Christophe Minder.
L’émission "Vraiment" de la RTS avait révélé début juillet que Denis Vipret était accusé par cinq femmes de gestes et de paroles déplacés. Le magnétiseur, via son avocat, avait alors saisi le Tribunal d’arrondissement de Lausanne, en estimant que les informations portaient gravement atteinte à sa personnalité.
L’instance judiciaire vaudoise avait prononcé ensuite des mesures superprovisionnelles. Des mesures qui avaient contraint la RTS à retirer ses enquêtes sur le guérisseur établi à Léchelles et à bloquer d’urgence la diffusion d’un reportage prévu dans le "19h30", le journal télévisé de la chaîne.
Une RTS déterminée
Le 23 juillet, la RTS avait indiqué à Keystone-ATS sa détermination à s'opposer aux mesures superprovisionnelles au nom de "l’intérêt prépondérant pour le public d’avoir connaissance de la situation pour se forger librement son opinion". Au-delà, Denis Vipret, qui conteste les faits, bénéficie de la présomption d'innocence. Contacté par la RTS, il n'a pas souhaité commenter ces nouveaux témoignages.
En juillet, le magnétiseur faisait déjà l'objet d'instructions devant les ministères publics du canton de Fribourg et du Jura bernois-Seeland. En outre, il avait été condamné en mai 2024 par la Cour d’appel pénale du Tribunal cantonal fribourgeois pour des actes commis en 2020.
Une amende contraventionnelle de 2000 francs lui avait été alors infligée pour "désagréments causés par la confrontation à un acte d’ordre sexuel", en raison de gestes déplacés.