L'appel d'un millionnaire: "Taxez-moi"

Les inégalités de richesse "fragmentent le monde". Pour les réduire, "taxez-moi et taxez les gens comme moi", exhorte Phil White, un millionnaire britannique présent au Forum économique mondial (WEF).

L'acteur Mark Ruffalo fait partie des personnalités qui souhaitent être taxées davantage (archives). © KEYSTONE/AP/JOHN LOCHER

Cet ingénieur de formation de 71 ans a fait fortune grâce à la vente d'une société de consultant à un groupe de capital-investissement il y a quelques années. "J'ai gagné assez d'argent pour être bien loti", reconnaît-il sans en dire davantage. Mais, poursuit-il, "je serais très heureux de payer plus d'impôts".

Comme lui, plus de 200 autres "millionnaires patriotiques" venus de treize pays ont demandé mercredi dans une lettre ouverte envoyée aux participants du WEF à être davantage taxés. Parmi eux, "des gens qui ont hérité, des gens qui ont travaillé, des entrepreneurs, des traders", souligne Phil White dans un entretien à l'AFP.

Mark Ruffalo, Abigail Disney

Mais aussi des personnalités comme une des héritières de l'empire Disney, Abigail Disney, ou l'acteur américain Mark Ruffalo. Le Hulk des films Marvel avait lancé un appel similaire l'an dernier.

"Le thème principal du Forum de Davos est cette année l'unité dans un monde fragmenté. C'est exactement ce que l'on observe", affirme M. White. Les inégalités de richesse se sont envolées au cours des dix dernières années, s'est inquiétée l'ONG Oxfam dans un rapport publié lundi à l'ouverture du forum.

Pour Phil White, qui a également participé dimanche en Suisse à une marche pour la protection du climat, la taxation accrue des grandes fortunes pourrait démarrer à 1 ou 2% chaque année à partir de 4 ou 5 millions de dollars de richesse. "Ce ne sont pas des sommes énormes, avec le temps cela permettrait d'éroder l'extrême richesse", souligne-t-il.

La philanthropie, "un drap de respectabilité"

A l'heure où la philanthropie est très à la mode parmi les grandes fortunes, le Britannique juge que cette démarche est "un pas dans la bonne direction", mais que "ce n'est pas du tout la bonne réponse" pour réduire les inégalités, car beaucoup moins efficace que la taxation.

De plus, "certains le font uniquement pour des questions d'image", estime-t-il. Pour lui, le public doit réaliser que "la philanthropie consiste simplement parfois à se cacher derrière un drap de respectabilité devant le public".

ATS
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