"L'Australie vit comme nous avant mars 2020"

Le Marlinois Nicolas Eugster savoure une vie quasi normale de l'autre côté du globe. Il raconte.

Mesures instaurées au début de la pandémie, la fermeture des frontières aux étrangers non résidents et la mise en quatorzaine obligatoire de toute personne entrant dans le pays semblent porter leurs fruits sur l'île. Jusqu'ici, elle a déploré environ 900 décès liés au coronavirus. "Nous sommes dans une bulle dorée. On peut aller au restaurant, dans les bars, au théâtre et voir des concerts", résume Nicolas Eugster, professeur-assistant en finance à l'Université du Queensland.

Mais cette stratégie a un prix. "Nous n’avons plus le droit de quitter le pays. Et c'est valable pour tous les Australiens, regrette le citoyen australo-helvétique. Si un membre de notre famille en Suisse était hospitalisé, le gouvernement ne nous laisserait pas rentrer." Cette mesure décrétée par les autorités australiennes en mars 2020 a sans cesse été prolongée depuis. "Il semblerait bien que nous ayons à subir ce genre de régime restrictif jusqu’en 2022."

A l'inverse, le retour de Nicolas Eugster et de sa femme en terre océanienne semblait à première vue plus aisé. "Nous sommes partis en octobre de Fribourg après avoir galéré quelques semaines pour pouvoir embarquer dans un avion. On a fait ensuite deux semaines de quarantaine stricte à Perth pour finalement arriver à notre destination finale à Brisbane."

Pas d’obstacle aux loisirs

Si la fermeture des frontières porte un coup dur à certains secteurs économiques comme le tourisme et le transport aérien, elle permet aux habitants de se retrouver avec un risque de contamination minimisé, après les confinements. "Depuis septembre dans le Queensland, toutes les places assises peuvent à nouveau être occupées. A titre d’exemple, nous avons assisté avec ma femme à un match de rubgy en octobre dernier opposant l’Australie à la Nouvelle-Zélande. Nous étions 32'000 spectateurs." 

Les organisateurs d’évènements restent dans l’obligation de mettre en place un plan de protection. "Cela passe par les QR codes dans les restaurants par exemple, poursuit le Fribourgeois. Dans les stades, ils doivent au minimum proposer un masque aux fans à l’entrée. Mais nous étions quasiment les seuls à le porter."

Les réunions privées ne sont pas non plus limitées. "Le sport national de l’été en Australie, c’est le barbecue! Toutes les occasions sont bonnes pour en organiser un." Preuve de cet engouement, la ville de Brisbane met à disposition de ses citoyens des barbecues électriques dans les parcs publics. De quoi goûter à une certaine normalité.

Réécouter notre entretien complet avec Nicolas Eugster:

RadioFr. - Jonathan Grossenbacher