Le FIFF récompense une réalisatrice ukrainienne

"Klondike" de Maryna Er Gorbach a raflé samedi le Grand Prix, celui de la critique et une mention spéciale des jeunes.

"Klondike" raconte le destin d'une femme enceinte dans le Donbass. © FIFF

Avec ces récompenses et les quelque 130 films présentés durant dix jours, le FIFF s'est mêlé comme jamais à l'actualité. Malgré la gravité des histoires racontées, le public s'est pressé en masse dans les salles. Plus de 43'000 cinéphiles se sont rendus au REX et à l'Arena du 18 au 27 mars.



En additionnant un week-end à venir à Bulle (les 9 et 10 avril) et le déploiement online ouvert à plus de 7200 visionnements, qui suit le Festival dès dimanche sur Play Suisse et Festival Scope avec 18 films en libre accès, l'édition 2022 égalera celle de 2019. Le FIFF avait alors comptabilisé 43'000 entrées.

"Imaginer que l'on puisse revenir au succès des éditions d'avant était complètement inespéré pour nous", selon Mathieu Fleury, président de l'association FIFF. Grâce à un déploiement inédit dans le centre-ville, Fribourg s'est transformée en cité-cinéma. "Le FIFF, c'est un trait d'union", constate Thierry Jobin, directeur artistique du Festival, cité dans le communiqué.

Récompense à Klondike

Situé en 2014 et inspiré d'une histoire vraie, le film raconte le destin d'une femme enceinte qui refuse de quitter sa maison dans le Donbass, alors que les troupes russes arrivent. Le jury a salué un chef-d'œuvre virtuose autour d'une guerre sur le point d'arriver, selon le communiqué du Festival international du film de Fribourg (FIFF).


Ce long-métrage, le cinquième de la réalisatrice, "impose une vision et un propos d'une ampleur exceptionnelle". Le jury est convaincu que Maryna Er Gorbach jouera un rôle majeur dans le cinéma international ces prochaines années.

A travers le monde

Pour son prix principal, le jury des jeunes Comundo a sacré "Amira", de l'Egyptien Mohamed Diab. Il s'agit d'une chronique de la dure réalité des geôles israéliennes et des fécondations in vitro clandestines qui permettent aux prisonniers palestiniens d'avoir des enfants.

Le film "Broken Keys" du Libanais Jimmy Keyrouz, où un pianiste oppose sa musique à l'Etat islamique, a décroché le Prix du public. Deux autres longs-métrages se sont distingués: "Brighton 4th", du Géorgien Levan Koguashvili, a remporté le Prix spécial du Jury international Longs-métrages, tandis que le film mexicain "La Civil", de Teodora Ana Mihai, a obtenu le Prix du Jury œcuménique.

Du côté des courts-métrages, la Brésilienne Nina Kopko se hisse sur la plus haute marche et remporte le Prix du meilleur court-métrage international pour "Lunch Break", un brûlot politique sur un monde du travail qui ne ménage pas les femmes.

La relève suisse

Le Prix Réseau Cinéma CH, décerné par un jury issu des écoles de cinéma suisses, est revenu à "Party Poster", truculent documentaire de l'Indien Rishi Chandna. Enfin, le Prix Röstigraben est allé à "Esther" d'Ana Scheu Amigo, de la Hochschule Luzern.

Le FIFF permet également aux courts-métrages des écoles de cinéma helvétiques d'être soumis au jugement des invité-e-s de la section Nouveau Territoire. Cette année, ce sont les créateurs angolais qui ont choisi, pour le Prix Visa étranger, "A bassa voce", de Matilde Casari et Alessandro Perillo, élèves du CISA de Locarno.

Le jury international Longs-métrages était composé de la chanteuse albano-suisse Elina Duni, de la cinéaste afghane Sahra Mani, du producteur angolais Jorge Cohen et du directeur artistique du Locarno Film Festival Giona A. Nazzaro.


ATS / RadioFr.
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