Le Grand Conseil ne veut pas plus de règles face aux lobbys
Mercredi matin, les députés fribourgeois ont voté une motion socialiste, censée limiter l'influence des lobbys. Elle a été balayée.

Réunis mercredi matin dans une séance écourtée par leur traditionnelle course d'école, les députés du Grand Conseil fribourgeois devaient se prononcer sur la prise en considération d'une motion socialiste. Le Parlement du canton l'a balayée par 62 voix contre 18 et 16 abstentions.
Les deux auteurs, Grégoire Kubski et Kirthana Wickramasingam, demandaient de compléter la loi sur le Grand Conseil pour prévoir qu’un député ne puisse pas siéger dans une commission lorsqu’il bénéficie de mandats rémunérés par des entreprises ou des organisations privées.
Seulement le travail de commission ciblé
"Le travail qui est fait en commission est un travail qui est très important et spécifique sur la loi, explique Kirthana Wickramasingam. La commission va proposer un projet de loi qui va ensuite être traité par l'ensemble du Parlement. Les travaux de la commission se font à huit clos et donc dans le secret de la commission, tandis que les débats en plénum sont par définition publics. L'influence au sein de la commission est beaucoup moins transparente à l'égard de la population fribourgeoise."
"Les mandats générant moins de 3000 francs par an ne seraient pas visés", a expliqué Grégoire Kubski. L’objectif poursuivi visait à "renforcer l’indépendance des députés et à prévenir toute influence indue."
Le camp bourgeois soutient le système de milice
"Nous fonctionnons selon le principe du parlement de milice, les députés ne vivent pas dans un vase clos, a répondu le centriste Simon Murith. Ils exercent une profession, dirigent une entreprises, siègent dans des associations (...). Cette expérience du terrain n'est pas un problème, mais une force."
"Chaque député reçoit des dizaines d'e-mails de tous les groupes d'intérêts qui ensuite promettent de donner de la visibilité si on répond à leurs questionnaires et si on va dans leur sens. (...) Je pense que c'est justement aussi de la transparence que les députés affichent clairement leur position sur certains sujets importants de société, que ce soit la protection de l'environnement, que ce soit les minorités sexuelles et ce genre de domaine là. Donc ça fait partie du jeu et si on répond en fonction de ses convictions, il n'y a aucun problème", a confié le député PLR Savio Michellod à la sortie de la séance.


