Le patron de La Poste parie sur PostFinance pour croître
Le nouveau directeur général de La Poste, Pascal Grieder, entend compenser le recul du trafic de lettres par des revenus supplémentaires provenant de PostFinance, une augmentation des activités dans les succursales et le développement de la lettre numérique. La Poste perd 85 millions de francs par an dans ce domaine.

Le patron du géant jaune, 49 ans, veut développer les domaines d’activité de La Poste. "Chaque jour, quelque 250’000 clients poussent la porte de nos plus de 700 offices de poste. Cette fréquentation importante représente un potentiel que nous devons mieux exploiter", déclare-t-il dans une interview à la SonntagsZeitung et au Matin Dimanche.
La Poste, propriété à 100% de la Confédération, va en particulier intensifier sa collaboration avec PostFinance, en améliorant par exemple la visibilité et l'intégration des services financiers dans les bureaux de poste. "La Sihlpost réaménagée au coeur de Zurich donne désormais plus de visibilité à PostFinance, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur; c'est l'un de nos projets-pilotes", explique-t-il.
La lettre numérique, qui fait partie du service postal de base depuis le début du mois, gagne également en importance. Selon M. Grieder, elle affiche des taux de croissance à trois chiffres.
Rentabilité décisive
En ce qui concerne les bureaux de poste, M. Grieder précise que leur avenir dépendra davantage de leur rentabilité. La baisse du volume du courrier entraîne une augmentation significative du coût par envoi. "Quand vous déposez une lettre dans une succursale, le service de réception coûte à lui seul plus cher que le timbre. Les charges locatives et salariales pèsent lourd".
"D’où l’importance cruciale de développer de nouvelles activités commerciales dans les bureaux de poste. Nous disposons de deux ans pour trouver comment augmenter la rentabilité des sites", poursuit le CEO. Ceux-ci doivent atteindre une certaine autonomie financière si nous voulons maintenir un vaste réseau de succursales. Cela sera déterminant pour le nombre de bureaux postaux après 2028.
Quant aux tarifs postaux, M. Grieder a répété que des hausses de prix restaient inévitables. Il n'a toutefois pas donné de précision ni sur l'ampleur de la hausse ni sur le calendrier. La Poste est actuellement en discussion avec le Surveillant des prix à ce sujet.


