Le pétrole frôle les 120 dollars par baril

Les cours volatils du pétrole ont frisé dans la nuit de dimanche à lundi la barre des 120 dollars le baril avant de ralentir quelque peu, sur fond de perturbation dans la production au Moyen-Orient et de blocage du détroit d'Ormuz. Le gaz aussi prenait de la hauteur.

La guerre n'épargne pas les infrastructures pétrolières de la région. (archive) © KEYSTONE/EPA/STRINGER

A 07h45, le baril de Brent de la mer du Nord comme celui de WTI nord-américain affichaient des bonds sur un jour de plus de 15%, à respectivement 106 et 109 dollars. Ces deux références avaient dans la nuit dépassé les 119 dollars par baril, une barre qui n'avait plus été franchie depuis juin 2022.

Le cours du gaz européen aussi s'appréciait, de 5,2% à 53,39 euros par mégawattheure pour le TTF européen.

"Cette hausse brutale reflète avant tout l'escalade des tensions au Moyen-Orient et la crainte d'une perturbation durable des flux énergétiques mondiaux," considère John Plassard, associé chez Cité Gestion.

Le choix par l'Iran de désigner le fils de Khamenei comme nouveau guide suprême (...) suggère que le régime des mollahs n'entend guerre courber l'échine face aux Etats-Unis et trahit une potentielle prolongation de la guerre dans une région qui abrite une moitié des réserves mondiales de brut et 40% des réserves de gaz naturel, constate de son côté Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote.

"Les prix des hydrocarbures vont finir par atteindre un zénith à un moment ou à un autre - peut-être l'ont-ils déjà fait, peut-être pas encore - mais ils vont probablement fluctuer à des niveaux élevés pendant des semaines voire des mois," poursuit l'analyste vedette de la banque en ligne glandoise.

Les gains de lundi viennent s'ajouter à un bond de plus de 35% sur la semaine écoulée, observent les analystes de la plateforme Trading Economics, pointant du doigt le verrouillage du détroit d'Ormuz, canal d'écoulement essentiel pour le brut du Moyen-Orient, ainsi que des perturbations dans la production de toute la région.

"En Irak, la production des trois principaux champs pétroliers a chuté de 70% (...) et le Koweït, cinquième producteur de l'Opep, a aussi commencé à brider sa production samedi, invoquant un cas de force majeure," poursuivent les experts de la plateforme.

ATS
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