Le PLR inscrit la politique migratoire à son agenda

Pour le parti de droite libérale, la loi actuelle sur la migration est juste, mais n'est pas assez appliquée.

S’il fait le constat, comme le parti conservateur, que l’asile pose un problème en Suisse, le PLR refuse d'utiliser les mêmes recettes. Image d'illustration. © KEYSTONE

Le PLR ajoute l’asile et la migration à ses thèmes de campagne électorale. Il s’est défendu, vendredi matin à Berne, de reprendre le thème favori de l’UDC. S’il fait le constat, comme le parti conservateur, que l’asile pose un problème en Suisse, le PLR refuse d'utiliser les mêmes recettes.

"C'est sur la méthode que l'on diverge, insiste Jacquelin De Quattro, conseillère nationale vaudoise. L'UDC prône la fermeture des frontières, la résiliation des accords conclus avec nos voisins et table sur la peur. Nous avons besoin de nos voisins pour résoudre cette problématique, et nous pouvons accueillir des personnes qui ont besoin de protection. Mais nous sommes un petit pays et si la pression augmente, l'intolérance et l'incompréhension vont également augmenter."

La conseillère nationale souligne encore qu'il faut faire le tri entre ceux qui ont droit à notre protection et ceux qui essayent de profiter du système. "On sait qu'ils sont nombreux. Il y a plus de 5'000 renvois qui ont été ordonnés par la Confédération et qui n'ont pas été exécutés." Une délégation du parti était à Chiasso le week-end dernier pour constater la pression mise par l’arrivée de migrants. Le PLR prévoit des procédures rapides et le renvois des personnes déboutées.

La gauche prise pour cible

Le parti met la pression sur Elisabeth Baume-Schneider. Lorsque l’asile était entre les mains de sa conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, le PLR n’en a pas fait un thème spécifique. Maintenant que les questions d’immigration concernent le groupe socialiste, il dispose d’une cible politique. "On remarque un changement de paradigme avec la nouvelle chef du département, note Damien Cottier, chef du groupe parlementaire. Les messages de Madame Baume-Schneider sont pour une ouverture supplémentaire du pays dans plusieurs domaines. Ce ne sont pas les signaux qu'il faut donner à l'heure actuelle."

Pour Damien Cottier, la loi actuelle est bien faite, mais elle n'est pas appliquée. "Il faut que les personnes qui ont besoin d'une protection internationale puissent avoir cette décision rapidement et que les autres retournent dans leur pays. C'est une politique juste et qui demande une certaine fermeté."

Du travail pour les requérants d'asile?

Damien Cottier sait que la Suisse a besoin de travailleurs étranger. Mais pourquoi ne pas faire travailler les requérants d'asile? "Il ne s'agit pas simplement d'ouvrir les portes, et puis de dire qu'on va engager les personnes qui viennent, répond le chef du groupe parlementaire. Parce qu'elles n'ont pas forcément le bon profil ou les bonnes compétences."

RadioFr. - Serge Jubin
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