La sexualité est-elle assez abordée à l'école?

Le canton de Fribourg consacre 13,5 périodes à la sexualité sur l'ensemble de la scolarité. C'est moins qu'à Neuchâtel ou dans le Jura.

Les élèves fribourgeois ont moins d'heures d'éducation sexuelle, en comparaison avec les autres cantons romands. © KEYSTONE

Les élèves jurassiens bénéficient par exemple de 17 périodes consacrées à la sexualité, les petits neuchâtelois, 16. Dans les cantons de Vaud et de Genève, les autorités veulent augmenter encore le nombre de cours d'éducation sexuelle à l'école obligatoire. A Fribourg, la tendance s'inverse. "Etant donné le nombre de classes, on a dû diminuer l'offre ces dernières années", explique Carole Bielmann-Brodard, cheffe de secteur pour le Centre fribourgeois de santé sexuelle.

Pire encore, des cours donnés en 11H par le Centre Empreinte vont tomber à la rentrée scolaire, par manque de ressources humaines. Le Centre fribourgeois de santé sexuelle ne pourra pas reprendre cette tâche, pour les mêmes raisons. Actuellement, ce sont sept intervenantes qui se rendent dans les classes francophones du canton pour dispenser des cours d’éducation sexuelle aux élèves de 2H, 6H, 8H et 10H.

Différences entre régions linguistiques

Le Centre fribourgeois de santé sexuelle intervient essentiellement auprès des élèves francophones, là aussi, par manque de moyens. Certains cercles scolaires alémaniques font quant à eux appel à des intervenants du canton de Berne. Ce qui ne garantit toutefois pas d’avoir le même nombre de cours d’éducation sexuelle, ni le même contenu pour tous les enfants du canton. Côté germanophone, l'offre est ainsi moins étendue. "Nous n'intervenons que dans une partie des cercles scolaires et des cycles d'orientation, car les autres établissements font appel à des externes", détaille Carole Bielmann-Brodard. "On ne sait pas combien d'heures ces élèves reçoivent, ni comment l'enseignement est dispensé.""

Durant plusieurs années, les élèves scolarisés à Fribourg n’avaient par exemple par de cours d’éducation sexuelle en 8H, pour des questions financières. La situation a été rétablie dernièrement.

Pour remédier aux inégalités, une stratégie cantonale a été mise sur pied afin de garantir à chaque habitant du canton un accès à des informations sur la santé sexuelle. Ce document a été réalisé en collaboration avec différents partenaires actifs dans le domaine. Il sera remis au gouvernement fribourgeois l’automne prochain.

Un programme précis

Les cours proposés par le Centre fribourgeois de santé sexuelle se basent sur des standards européens de l’Organisation mondiale de la Santé, ainsi que sur un cadre de référence pour l’éducation sexuelle en Suisse romande, qui a été élaboré par Santé sexuelle suisse. L'entité s’inspire aussi de la Déclaration des droits sexuels et dont fait partie le droit à l’éducation et à l’information.

Les thématiques abordées varient aussi en fonction de l’âge des enfants. En classes enfantines, le cours s’intitule « Mon corps est à moi! », où il est question de l’intimité, pour permettre de lutter contre des abus et la violence sexuelle. Les intervenantes expliquent aux enfants comment chercher de l’aide, en cas de besoin.

Pour les élèves de 6H, le cours « Sexualité, écouter, expliquer, clarifier, rassurer » parle du fonctionnement et de l’évolution du corps et du processus de reproduction. Le respect des différences est aussi abordé.

Enfin, en 8e Harmos, le cours a été baptisé « J’ai envie de grandir, de me connaître et de m’assumer! », où il est question de comprendre et d’accepter les changements anatomiques de la puberté. Les élèves seront aussi sensibilisés au consentement, aux risques liés à la sexualité et aux moyens de contraception. En cas de question sur ces cours, il est possible de contacter directement le Centre fribourgeois de Santé sexuelle.

RadioFr. / Frapp - Lauriane Schott / ar
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