Les 550 ans de la bataille de Morat commémorés ce samedi
La bataille de Morat, survenue le 22 juin 1476, sera commémorée ce week-end. L'occasion de célébrer, avec un caractère solennel un événement marquant de l’histoire suisse et européenne.

Le 550e anniversaire de la bataille de Morat, survenue le 22 juin 1476, sera commémoré ce week-end dans la cité médiévale fribourgeoise. L'occasion de célébrer, avec un caractère solennel selon les autorités, un événement marquant de l’histoire suisse et européenne.
Le programme du samedi débutera le matin par un recueillement à la Pantschau, grande prairie au bord du lac de Morat, a confié à Keystone-ATS Markus Ith, responsable du projet, avec un dépôt de gerbes, geste qui a lieu tous 10 ans en principe. Après ce "bref moment", les participants formeront un "cortège commémoratif".
Ce dernier parcourra 2 kilomètres, en empruntant la Ryf et la rue de Lausanne jusqu’au château, avant de traverser la vieille ville pour rallier l’église allemande, a détaillé l'ancien président du Grand Conseil fribourgeois en 2018, lui-même Moratois. La cérémonie officielle et les allocutions se dérouleront ensuite en ce lieu.
Ministre de la défense
Trois discours sont prévus, un pour chaque échelon de pouvoir. Il y aura le conseiller fédéral Martin Pfister, ministre de la défense, le président du Conseil d'Etat fribourgeois Philippe Demierre et la syndique de Morat Petra Schlüchter. Le président du Conseil national Pierre-André Page, Fribourgeois par ailleurs, sera des convives.
La cité médiévale accueillera un représentant gouvernemental de nombreux cantons, sachant que Fribourg, Vaud et Berne occuperont une place de choix pour une question de territoire, avec aussi la bataille de Grandson (VD). Sur le plan romand, seuls le Jura et le Valais ont décliné l'invitation des organisateurs, selon Markus Ith.
Les invités se rendront ensuite au "Kanonenmätteli", devant la porte de Berne, pour assister à la salve d’honneur. On y verra, entre autres, le contingent des Grenadiers fribourgeois ainsi que les Milices vaudoises. La commémoration devrait voir affluer à Morat entre 2000 et 2500 participants, espère l'ancien élu.
Soirée blanche
Le programme officiel s’achèvera par un repas convivial servi sous la tente de fête, derrière l’école primaire de la Längmatt. Tout au long du week-end, depuis le vendredi soir et la fête des fontaines, il propose encore un camp médiéval, avec un marché et diverses animations qui prendront place aux abords de la vieille ville.
Samedi toujours, de 10h00 à 02h00, Morat Tourisme a mis sur pied un événement où il faudra se présenter tout de blanc vêtu, un "white brunch & party" qui constituera le "point culminant" des célébrations du 550e anniversaire. Le repas se tiendra à guichets fermés, avec plus de 600 inscriptions, relève Markus Ith.
Dimanche et lundi, le programme offre respectivement le traditionnel tir historique et la fête des écoles, comme chaque année également, souligne le responsable du projet. La fête s'intègre dans les festivités concoctées par l'association Grandson-Murten 2026, fruit de la collaboration des communes de Grandson et de Morat.
Guerres de Bourgogne
Il est prévu au total 42 projets entre mars et octobre, sachant que le 2 mars s'est déjà tenu la commémoration des 550 ans de la bataille de Grandson, en présence du conseiller fédéral Ignazio Cassis. La cérémonie a coïncidé avec la réouverture du château au public, après 15 ans de travaux de rénovation.
Pour mémoire, ce sont les 2 mars et 22 juin 1476 qu'ont eu lieu les fameuses batailles de Grandson et Morat. Les deux événements ont fortement marqué l'histoire helvétique. La Suisse a été le théâtre de grandes batailles des guerres de Bourgogne, opposant l’ancienne Confédération et le duché de Bourgogne.
Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, possède alors un empire "patchwork" qui s’étend de la mer du Nord jusqu’à la Méditerranée, coincé entre la France de Louis XI et l’Empereur du Saint-Empire Frédéric III. Son but est de consolider son territoire, en usant de la diplomatie, mais aussi en faisant la guerre.
Désir de vengeance
Mais le canton de Berne et les Confédérés se mettent en travers de sa route dans ce qui est aujourd’hui la Suisse romande. En mars 1476, Charles le Téméraire subit à Grandson, sur les rives du lac de Neuchâtel, sa première défaite face aux Confédérés. Pris d’un ardent désir de vengeance, il compte bien faire plier les Suisses.
Pour cela, il rassemble ses troupes à Lausanne et se dirige vers Berne, en passant par la plaine de la Broye, pour subir une défaite à Morat. Ces victoires suisses marquent le déclin du duché de Bourgogne et redistribuent les cartes sur l’échiquier européen.
Ainsi, selon la formule consacrée, "le duc perdit son bien à Grandson, son courage à Morat et sa vie à Nancy".


