Payerne: les vols civils autorisés dès ce dimanche
Le nouveau règlement d'exploitation civile de l'aérodrome de Payerne est entré en vigueur. Voici ce que ça change.

Depuis ce vendredi, l'aéroport de Payerne fonctionne sous de nouvelles règles. Après l'adoption du Conseil fédéral en octobre 2025 et l'approbation de l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) en décembre, le nouveau règlement entre en vigueur. Objectif affiché: rendre le site plus attractif pour l'aviation d'affaires et dynamiser l'économie régionale.
Ce qui change concrètement
Pour la première fois, l'aéroport de Payerne peut accueillir des vols civils le dimanche. Mais cette autorisation reste encadrée: maximum 200 vols par année. L'autorisation est par ailleurs étendue aux fériés fribourgeois.
En semaine, le premier décollage ou atterrissage peut désormais avoir lieu à 7h au lieu de 7h30. Dans certains cas exceptionnels, des vols dès 6h seront possibles sur autorisation. Le samedi, l'ouverture avance d'une heure, de 9h à 8h.
Autre nouveauté: la pause de midi disparaît en semaine. Le samedi, les avions peuvent atterrir à midi, mais ne peuvent décoller que si la météo ou des contraintes techniques l'imposent.
Pas plus de vols autorisés
Ce nouveau règlement n'augmente pas le nombre total de vols autorisés. "Le plafond reste fixé à 8 400 mouvements civils par an, comme prévu dans le plan sectoriel de l’infrastructure aéronautique", insiste Didier Callmander, chef d'aérodrome civil. "Ce qui change, c’est la répartition des vols dans le temps, afin de mieux répondre aux besoins, par exemple pour des arrivées matinales ou le dimanche."
Selon les responsables, les nuisances sonores resteront inchangées. Des formulaires en ligne permettent aux riverains de déposer d'éventuelles plaintes. Un suivi annuel est exigé par l'OFAC.
Booster l'économie
L'an dernier, l'aéroport a enregistré 2000 mouvements civils, contre 11'000 militaires. Avec le nouveau règlement, des jets d'affaires d'environ 15 tonnes devraient ainsi fréquenter le site toute la semaine.
La demande émane d'entreprises installées dans la région au sens large - cantons de Vaud, Neuchâtel, Berne et Fribourg. Parmi elles, des multinationales du nord lausannois et des sociétés actives dans la microtechnique ou l'horlogerie à Neuchâtel.
Le nouveau règlement doit aussi renforcer l'attractivité du parc technologique Swiss Aeropole, qui dispose de 400'000 mètres carrés de zones d'activité réservées aux entreprises liées à l'aéronautique et à l'industrie. Pour Christel Losey Mosimann, secrétaire régionale de la Communauté régionale de la Broye (la COREB, actionnaire de Swiss Aeropole SA), l'enjeu est clair: "Certaines entreprises attendent la possibilité de pouvoir voler le dimanche pour évaluer une décision d'implantation sur le secteur."
Deux entreprises ont déposé des demandes de permis pour s'implanter prochainement: Supra, entreprise française spécialisée dans le décolletage automobile, et Charmag, active à Estavayer dans la fabrication de charnières. Ces deux projets s'ajoutent aux entreprises déjà présentes chez Swiss Aeropole: Boschung, qui fabrique des machines de voirie, et Destinus, qui dispose d'une start-up de développement de drones.
Par ailleurs, des réflexions sont en cours pour construire un bâtiment qui permettrait d'offrir plus d'espace aux nouvelles entreprises qui n'auraient pas la capacité d'investir dans une telle structure. Le parc vise à terme 2000 emplois.
5 ans de négociations
Les nouveaux horaires de l'aérodrome sont l'aboutissement d'un long processus lancé en 2020, en concertation avec l'association pour la sauvegarde des intérêts des communes riveraines (ASIC) notamment. Le délai de recours ayant expiré le 19 janvier, les premiers vols dominicaux sont déjà prévus ce week-end.
Les 200 mouvements dominicaux autorisés pourraient toutefois s'avérer insuffisants. "En fonction de l'utilisation de ces contingents, notamment le week-end et le dimanche, une deuxième étape de négociation avec l'OFAC pourrait être nécessaire pour étendre ce quota", expliquent les responsables.
Initialement, les discussions avec les communes riveraines portaient sur 350 mouvements dominicaux. "Le besoin initial n'est pas totalement satisfait, mais nous sommes ravis que les horaires étendus entrent en vigueur et permettent aux usagers d'utiliser l'infrastructure", conclut Christel Losey Mosimann.


