"La honte est dans le mauvais camp: celui de la victime"

Différentes structures existent pour accompagner les femmes victimes de violences, qu'elles soient verbales, physiques ou sexuelles.

Chaque année, de nombreuses femmes sont la cible de violences, qu’elles soient verbales, physiques ou sexuelles. Selon des chiffres de l’office fédéral de la statistique (OFS), une personne meurt toutes les deux semaines des conséquences de la violence domestique, qu’il s’agisse de femmes ou d’hommes. Chaque semaine, l’OFS enregistre une tentative d’homicide. 75% des victimes d’homicide sont des femmes et des filles.

Des structures pour libérer la parole

La grande majorité des victimes de violences sont des femmes, qui font preuve de beaucoup de courage pour oser parler de ce qu’elles subissent ou ont subi. Solidarité femmes-Fribourg leur offre une écoute, en toute confidentialité pour ensuite les aider à surmonter cette épreuve, en les orientant vers des professionnels.

S’il en va de la sécurité absolue d’une femme, l’association peut proposer aux femmes et à leurs enfants un lieu sûr dans lequel elles seront hébergées, durant un maximum de 35 jours. En 2020, Solidarité femmes Fribourg a accompagné plus de 920 femmes, victimes de violences.

"La majorité des femmes qui arrivent chez nous, sont honteuses, elles sont pleines de culpabilité. Nous leur faisons comprendre qu'elles ont vraiment le droit d'être entendues et dans un climat de confiance", explique Anne-Marie Guinnard, intervenante sociale à solidarité femmes-Fribourg

Lever le tabou sur les violences

Bien souvent, les femmes ont peur d’en parler, car elles se sentent responsables de ce qui leur arrive. Pour les aider à franchir le pas, et à prendre conscience que ce sont des victimes, la créatrice de contenus sur les réseaux sociaux, Nidonite a décidé de lever le voile sur ce qu’elle a vécu, elle, en tant que victime.

La vidéo de la Fribourgeoise, publiée notamment sur Tik-Tok et Instagram a été vue par plusieurs centaines de milliers de personnes et commentée et partagée près de 4'000 fois. Une vidéo qui a aussi permis à de nombreuses personnes de témoigner des violences dont elles ont aussi été victimes.

"J'ai voulu dénoncer le déni, le silence, le tabou autour de ces agressions. La honte est dans le mauvais camp celui de la victime et non de l'agresseur. Je pense qu'aujourd'hui c'est difficile pour toutes les femmes, peu importe leur religion ou leur origine", confie Nidonite.

Réécoutez le dossier complet:

RadioFr. - Lauriane Schott