Voitures électriques, alcool, impôts: l'OCN fait le point
Le directeur de l'Office de la Circulation et de la Navigation revient sur les chiffres publiés récemment par l'OCN.

Le canton a mis en consultation ce mercredi une nouvelle version de la loi sur l’imposition des véhicules. Quelles sont les propositions?
Concrètement, les modifications concerneront surtout des réductions en faveur des véhicules électriques: aujourd'hui à 30%, cette réduction passera à 50% dans le cadre du nouveau projet. Les véhicules hybrides bénéficient actuellement d'une réduction de 15% sur l'impôt, qui évoluera à 20% également. Pour les détenteurs d'une voiture essence, en principe aucune modification n'est prévue.
Les mesures administratives — avertissements, retraits de permis — sont en hausse de 10% à Fribourg, soit bien plus qu'au niveau national. Est-ce que ça signifie que les conducteurs fribourgeois sont moins sages que la moyenne suisse?
Pas forcément. L'activité de l'OCN dépend directement des activités policières et des priorités fixées par la police cantonale. Par exemple, si une infraction est commise dans le canton de Zurich, la dénonciation arrive à l'OCN, qui détermine ensuite le maintien ou le retrait du droit de conduire. Il y a donc des variations qui découlent de cette activité policière sur laquelle l'OCN n'a pas de contrôle. Par ailleurs, avec 5000 retraits de permis par année pour 260'000 détenteurs d'un permis de conduire, cela représente quelques pourcents seulement. Le conducteur fribourgeois n'est ni meilleur ni pire que le conducteur au niveau national.
Cette hausse des infractions est surtout flagrante concernant l'alcool au volant, avec +10% par rapport à 2023. N'est-ce pas inquiétant? Y a-t-il un problème au niveau de la prévention ou des pratiques?
La prévention et l'information sont bien présentes. Il s'agit peut-être davantage d'un certain relâchement de certaines personnes lors d'activités festives ou de loisirs comportant une dimension sociale. En l'occurrence, un tiers des retraits de permis découlent d'une conduite en état d'ébriété, ce qui est effectivement un chiffre significatif.
Fribourg a dépassé la barre des 300'000 véhicules en circulation, avec une croissance plus importante que la moyenne suisse. Le canton de Fribourg est-il un canton où la voiture est reine?
Plusieurs critères expliquent pourquoi Fribourg se retrouve régulièrement sur le podium national en matière de croissance du parc de véhicules. Premièrement, Fribourg a une population plus jeune que la moyenne suisse, avec des besoins de mobilité — professionnels ou de loisirs — plus marqués. Deuxièmement, le canton dispose d'une économie assez forte dans le secteur secondaire : la construction, les entreprises de menuiserie, les électriciens, etc. Toutes ces entreprises ont besoin d'un parc de véhicules, qu'il s'agisse de véhicules lourds ou utilitaires. Ces deux facteurs combinés expliquent cette croissance marquée en matière de mobilité individuelle.
Les voitures à essence restent les plus utilisées, et les véhicules électriques ne représentent encore qu'environ 5% du parc total. Est-ce que l'électrique séduit moins qu'avant?
Le parc de véhicules compte 200'000 voitures de tourisme, avec un âge moyen de 10 ans. Chaque année, 10'000 véhicules neufs viennent s'y ajouter. L'an dernier, sur ces 10'000 voitures neuves, 2000 étaient électriques, soit un véhicule sur cinq. Mais rapportés aux 200'000 voitures de tourisme en circulation, ces 2000 véhicules restent une goutte d'eau. Faire évoluer ce parc vers un profil plus favorable sur le plan environnemental, c'est comme manœuvrer un gros paquebot: cela prend des années.
La nouvelle façon d'adapter les impôts peut-elle vraiment accélérer la transition vers les véhicules électriques et hybrides ?
C'est une contribution, mais ce n'est pas la recette miracle. Les gens s'orientent vers les véhicules électriques avant tout en se basant sur les expériences de leur entourage — un collègue, un frère, une sœur satisfait de son véhicule électrique. Le deuxième facteur déterminant, c'est la recharge : si vous pouvez recharger à domicile ou au travail, là où le véhicule est stationné, les tarifs sont intéressants et l'avantage est réel. En revanche, si vous devez vous recharger uniquement sur le réseau public, l'avantage devient très faible.
Des travaux importants sont prévus au siège de l'OCN dans le quartier du Schönberg à Fribourg — un nouveau hall technique et un nouveau parking pour un budget de 10 millions de francs. En quoi ces travaux sont-ils nécessaires?
L'OCN dispose déjà de trois sites : le siège à Fribourg, une succursale à Estavayer-le-Lac et une succursale à Bulle — des bâtiments récents, agrandis entre 2013 et 2018. Le siège de Fribourg, lui, date de 1967. Une étape importante a été franchie en 2010 avec la rénovation et l'agrandissement complet du bâtiment administratif, mais la halle technique, elle, est restée dans son état d'origine. C'est le bâtiment le plus ancien du site, et il est aujourd'hui à bout de souffle en matière de normes et de potentiel. Il sera donc détruit et reconstruit en deux étapes. Ces travaux seront également l'occasion de revoir entièrement les zones de circulation et de stationnement sur le site, afin d'améliorer la circulation, la sécurité et la capacité générale.
Durant les travaux, qui doivent se terminer aux alentours de 2030, l'activité du site pourra-t-elle continuer normalement?
Les examens de conduite et les services administratifs seront maintenus sur le site de Fribourg. En revanche, l'offre de contrôles techniques sera réduite d'environ 50% durant cette période. Une partie de cette activité sera déportée vers les succursales de Bulle et d'Estavayer-le-Lac, qui disposent encore de capacités disponibles. Un service de base dans le domaine des contrôles techniques sera garanti à Fribourg, et comme la dotation en personnel reste la même, aucun délai supplémentaire n'est prévu. Il y aura simplement un peu plus de mouvements de véhicules en direction de Bulle et d'Estavayer-le-Lac.


