Le Canton se dote d'une loi sur les langues
La première loi sur les langues officielles et la promotion du bilinguisme a été approuvée ce jeudi par le Grand Conseil.

Il aura fallu trois jours de débats nourris entre septembre et octobre. Mais le loi sur les langues officielles et la promotion du bilinguisme (LLOPB) a désormais passé la rampe. Les députés fribourgeois l'ont acceptée ce jeudi, par 79 voix contre 19 et 5 abstentions. Dans son contenu, la LLOPB précise qu'une commune comptant une importante minorité linguistique autochtone, soit au moins 10% de la population depuis au moins vingt-cinq ans, pourra choisir d'avoir pour langues officielles le français et l'allemand, après un vote populaire.
Des députés ont dénoncé une volonté de certains de "torpiller" la loi, avec la multiplication des amendements la "vidant" de sa substance. De plus, l'élu centriste Bernhard Altermatt a rappelé que 95% des communes n'étaient pas concernées et, qu'au mieux, une ou deux pourraient devenir bilingues sur les dix ou douze potentiellement éligibles. À noter que six de ces dernières se trouvent dans le district du Lac. Le dossier était porté par le conseiller d'État Didier Castella, directeur des institutions, de l'agriculture et des forêts (DIAF).
À peine décidée, la LLOPB s'est déjà attirée les foudres de la Communauté romande du Pays de Fribourg. Dans un communiqué, elle déplore que: "Considérer une minorité linguistique de 10% comme importante est invraisemblable! Même le romanche doit atteindre 20% pour être reconnu langue officielle dans les communes des Grisons", rappelle-t-elle. En outre, cette communauté estime que la nouvelle loi "portera préjudice aux citoyens de la langue majoritaire", car "les débats politiques se dérouleront en partie dans une langue qu'ils ne comprennent pas". En outre, elle considère que c'est une "atteinte à l'identité culturelle des communes et des district".


