Louna Maiga: "aller chercher des touches et rien d’autre "
À 19 ans, Louna Maiga brille sur la scène nationale et internationale de l’escrime. La Lacoise est devenue vice-championne du monde en avril dernier à Rio. Interview.
La Télé: Vous gardez quels souvenirs de ces championnats du monde?
Louna Maiga: Alors je dirais sûrement le fait qu’il faut y croire, quoi qu’il en soit. Pour ceux qui le savent, j’avais une blessure en janvier et j’ai vécu des championnats d’Europe un peu plus difficiles mentalement. Donc je suis arrivée aux championnats du monde en sachant de quoi j’étais capable, et j’y ai cru. Je me suis battue jusqu’à la fin.
Ça fait quoi de revoir ces images?
On dirait pas vraiment que c’est de l’épée. Les commentateurs aussi ont dit après que c’était plutôt du côté du sabre. Mais je suis très contente, et c’était vraiment la mentalité que j’avais dès le début de la journée: aller chercher des touches et rien d’autre. Et je pense qu’on le voit bien sur la vidéo.
Vous avez donc gagné 15-11 pour accéder à la finale. Est-ce que le fait d’être offensive vous a permis de décrocher cette finale?
Je pense que oui, parce que tous les matchs jusqu’en finale ont été très offensifs. À l’épée, c’est trois fois trois minutes, et je les ai tous finis entre une minute trente et deux minutes. Donc je pense que les adversaires étaient assez surpris de me voir prendre autant d’initiatives dans un match.
C’est votre style?
Je pense que oui. Je suis un peu bourrine en tant qu’escrimeuse, et on me connaît aussi comme une petite bourrine.
En finale, vous affrontiez la numéro un mondiale. Est-ce que la marche est encore trop haute pour décrocher l’or?
Ce jour-là, j’avais décroché après la demi-finale. J’avais toutes les émotions mélangées. À un moment, je suis sortie de cette bulle dans laquelle j’étais restée toute la journée. Dans le futur, j’ai juste à apprendre à vraiment rester dans cette bulle jusqu’à la fin, et comme ça je pourrai me battre pour l’or.
Vous n’êtes pas seulement vice-championne du monde, mais aussi championne suisse junior. Ça représente quoi pour vous?
Alors c’est toujours un peu une compétition en soi, surtout après un retour de Rio. Je sentais que j’étais capable de le faire. Si je peux faire un tel résultat au niveau mondial, je peux aussi le faire au niveau national. Donc j’étais très déterminée à aller chercher cette médaille d’or. Et surtout parce que je savais que c’était ma dernière année junior et que je voulais finir avec une médaille d’or aux championnats suisses.


