Marianne Fatton: à jamais la première

Première championne olympique de ski alpinisme en sprint, Marianne Fatton a eu droit au traitement réservé aux stars. Malgré ses 30 ans, la Fribourgeoise d'adoption ne s'est pas départie de sa candeur.

Marianne Fatton s'est adjugée l'or olympique en ski-alpinisme. © KEYSTONE/MICHAEL BUHOLZER

Dans les sous-sols de l'hôtel Nevada où la délégation suisse a pris ses quartiers, Marianne Fatton a pu voir l'impact d'une médaille d'or olympique. Pendant que la presse écrite attend sagement son tour, la nouvelle championne olympique répond aux questions de Philippe Revaz pour le "19:30". Une fois l'interview terminée, elle s'assied à une table pour répondre aux questions de SRF. Les radios nationales attendent elles aussi de pouvoir s'entretenir avec celle qui ne se cache pas pour dire "A jamais la première".

Sourire jusqu'aux oreilles, médaille d'or autour du cou, Marianne Fatton donne l'impression d'évoluer dans un rêve. "J'ai un peu réalisé depuis cet après-midi et c'est toujours aussi incroyable qu'avant", glisse-t-elle avec une certaine pudeur. Après le contrôle antidopage, la Gruérienne d'adoption s'est offert un goûter "parce que j'avais faim". Elle a ensuite passé du temps avec ses proches avant une douche et cette nouvelle salve d'interviews.

Le tas de neige après les émotions

Quand elle rembobine le film, Marianne Fatton se souvient qu'il y a quatre ans elle avait fait trop d'entraînement. "Les JO, ça m'a vraiment tellement aidé à me remettre en route après cette période, à travailler dur pour arriver en forme au bon moment, livre-t-elle. Et au final, l'histoire est tellement belle. C'est un beau happy end."

Championne d'Europe, du monde et désormais olympique de sprint, Marianne Fatton a fait des grands événements sa spécialité. Mais avant de franchir la ligne, la citoyenne de La Roche a eu un coup de chaud. "J'avais peur qu'une autre concurrente me passe sur la ligne parce qu'elle aurait eu plus de vitesse, se remémore la Vaudruzienne. Je n'ai vraiment levé les bras qu'une fois la ligne franchie et que j'ai vu que j'étais toute seule. Là j'étais vraiment heureuse, mais il y avait trop d'émotions alors je suis allée me un peu me cacher dans mon tas de neige."

Dans un sport de niche, chaque titre olympique ressemble à une bénédiction. Marianne Fatton va peut-être aider le ski alpinisme à entrer dans une nouvelle dimension et attirer d'autres sponsors. "C'est évident que plus il y a de visibilité, plus c'est facile pour les athlètes de trouver des sponsors et je pense que ça peut clairement nous aider", estime la nouvelle championne olympique. Quant à la possible prime qu'elle pourrait recevoir de Swiss Olympic pour son titre, sait-elle déjà comment elle pourrait l'utiliser? "J'ai toujours rêvé de m'acheter un piano, alors je vais peut-être sauter le pas", conclut-elle.

De toute manière, son plus beau concert, Marianne Fatton l'a livré sur la piste.

ATS
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