Marie-France Roth Pasquier: l'expérience de la politique

La conseillère nationale et conseillère communale de Bulle est candidate au Conseil d'État. Elle est l'une des deux voix du parti du Centre.

Marie-France Roth Pasquier fait partie de l'Entente de droite, aux côtés de son camarade de parti Markus Julmy et des candidats du PLR et de l'UDC. © Keystone

Née au Lac-Noir, Marie-France Roth Pasquier est avant tout une Gruyérienne. Elle y a grandi et a été à l’école, avant d'étudier les sciences politiques à l'université. Des études qui l'ont amenée jusqu’à la Commission européenne à Bruxelles. 

Elle a ensuite lancé sa carrière politique suisse. Décrite comme une femme attachée à sa région, cela fait 15 ans maintenant qu'elle est conseillère communale à Bulle. Elle maîtrise également la politique cantonale avec un mandat de trois ans au Grand Conseil fribourgeois. Mais son "plus grand succès politique", comme elle l'appelle, c'est son élection en 2019 au Conseil national. Elle siège à Berne depuis sept ans.

Si elle venait à être élue à l'exécutif cantonal, elle devrait abandonner ses deux mandats actuels. Elle le ferait non sans une certaine part de tristesse, car elle adore la politique communale: "C'est là qu'on fait de la gestion publique, on est en contact direct avec les citoyens et on est sur le terrain". 

Prête aux compromis

Marie-France Roth Pasquier porte haut dans son cœur les thématiques de report modal et de mobilité douce. Certains de ses confrères et consœurs politiques la situent plutôt à l'aile gauche du parti du Centre. Au parlement national, elle s'oppose donc régulièrement à l'UDC. Pourtant, sur la scène fribourgeoise, elle devra collaborer avec le parti agrarien dans le cadre de l'Entente de droite. 

La Gruyérienne balaie d'emblée avoir un quelconque problème avec l'UDC: "La politique fédérale est une chose, la politique cantonale en est une autre, tout comme le législatif et l'exécutif". Elle s'estime prête à faire des compromis pour "le bien du canton". 

Une politicienne féroce

Marie-France Roth Pasquier a décidé d'apporter un son qu'elle adore et qui la relaxe: le chant des oiseaux. La politicienne fribourgeoise a même une boîte à musique qui reproduit leur mélodie dans sa salle de bain à chaque fois qu'elle s'y trouve.

À l'image du rouge-gorge, qui est un animal territorial et féroce quand quelque chose s'approche de son nid, la candidate centriste n'hésite pas à défendre ses dossiers avec passion. "Je suis assez tenace sur certains sujets", concède-t-elle. 

Elle accorde également une grande importance à la protection de l'environnement. "C'est peut-être mon petit côté de gauche, même si c'est une thématique qui devrait concerner tout le monde."

La mobilité dans le canton de Fribourg

RadioFr.: La mobilité, c'est votre département à la commune de Bulle et, au Conseil national, vous siégez dans la Commission des transports. Quelle est votre solution pour arrêter les bouchons dans le canton?

Marie-France Roth Pasquier: Si je l'avais, je vous la donnerais tout de suite. Il n'y a pas de solution unique. S'il y a des bouchons, c'est parce qu'on est de plus en plus nombreux, et encore peut-être trop nombreux à prendre la voiture le matin pour aller travailler. Je pense qu'il y a plusieurs pistes à développer. Si on pense aux transports publics, que ce soit dans l'agglomération de Fribourg ou de Bulle. À Bulle, on développe aussi beaucoup les pistes cyclables, et le canton a également des plans pour les cyclistes au niveau cantonal.

Chaque personne est seule dans sa voiture. Le jour où on arrive à mettre en place un réseau de covoiturage efficace, on aura déjà gagné pas mal de places sur la route. Et la solution idéale, c'est que les gens travaillent là où ils habitent, comme on le faisait autrefois.

À Bulle, la situation ne va pas s'améliorer ces prochaines années, avec l'arrivée de Rolex et environ 2000 personnes en plus. Est-ce qu'une deuxième sortie d'autoroute est nécessaire?

C'est une chose sur laquelle on est en train de travailler. On a des contacts réguliers avec l'Office fédéral des routes, le canton, et Bulle. On en parle depuis bientôt 10 ans. Le canton et la Confédération ont accepté de travailler avec nous pour mettre en place une étude de mobilité. Nous aurons les résultats dans le courant de l'année 2027.

Donc vous êtes pour une deuxième sortie d'autoroute?

Ça dépend où. On fait cette étude pour montrer si on en a besoin, et si oui, où la mettre. Ce n'est pas nécessairement à Bulle. Pour le moment, je ne vois pas très bien où on la mettrait. Ça pourrait être plus au nord, du côté du restoroute, ou difficilement plus au sud, parce qu'on a déjà la sortie proche de Vaulruz. Ce sont des choses qu'on est en train d'étudier, et j'espère que l'étude nous dira concrètement quoi faire et quelles autres infrastructures développer.

Vous avez dit que trop de gens prennent la voiture dans le canton de Fribourg. Qu'est-ce qu'on peut faire pour les inciter à laisser la voiture au garage? Est-ce que ça passe aussi par des incitations fiscales?

Aujourd'hui, on peut déduire les kilomètres. Peut-être faut-il étudier le fait de ne plus les déduire, mais il faut faire attention, parce qu'il y a des gens qui peuvent très bien prendre le bus, et d'autres qui ne le peuvent pas. Dans l'agglomération bulloise, 65% des personnes qui travaillent dans l'agglo y habitent aussi. Toutes ces personnes auraient la possibilité de prendre le bus, le vélo ou de venir avec un collègue.

Mais il y a des gens qui habitent plus loin, par exemple au Châtelard, où il y a peut-être trois bus par jour. On ne doit pas pénaliser les gens qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler.

RadioFr. - Nathan Gendre
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