Marly: au coeur de la démolition de la friche Winckler

Les engins de chantier s'activent sur l'ancien site industriel à l'entrée de la commune. Ses bâtiments vont progressivement laisser place à un nouveau quartier résidentiel.

L'ancien restaurant, visible depuis la route, vit ses derniers moments. © Frapp

Juste après le pont de Pérolles, à l’entrée de Marly, les grandes halles de l’ancienne friche Winckler sont en train de disparaître. Les pelles mécaniques s’activent au milieu des bâtiments, dont certains ont déjà été réduits à des amas de béton et de matériaux triés.

Lancé à la mi-juillet, le chantier doit s’achever d'ici la fin du mois d'octobre. Les équipes de Michel Démolition, une société du groupe fribourgeois JPF, ont déjà réalisé environ la moitié du travail: quatre des neuf bâtiments ont été démolis.

Un siècle d'histoire industrielle s'efface

Le site porte le nom de l’entreprise Winckler, qui s’installe à Marly en 1922, peu après l’ouverture du pont de Pérolles. Spécialisée dans la charpente ainsi que dans la construction de chalets et de bâtiments préfabriqués en bois, l’entreprise emploiera jusqu’à plusieurs centaines de personnes.

Son déclin s’amorce à la fin des années 1970, mais les bâtiments continuent ensuite d’accueillir diverses activités artisanales et industrielles. Plus d’un siècle après l’arrivée de Winckler, cette friche de 45'000 m2 est aujourd’hui démolie pour laisser place au futur Parc des Falaises, un nouveau quartier qui pourrait accueillir à terme 1500 habitants.

Avant les pelles, un travail à la main

La démolition commence en réalité bien avant le premier coup de pelle. Les équipes procèdent d’abord à une purge manuelle des bâtiments. Fenêtres, meubles, éléments de cuisine: tout ce qui peut être retiré l’est avant l’intervention des machines.

L’objectif est de séparer un maximum de matériaux en amont et de limiter le tri une fois la démolition mécanique lancée.

Les pelles prennent ensuite le relais. Elles pèsent entre 20 et 60 tonnes selon les besoins. Équipées de grappins et de godets, elles saisissent les matériaux, les trient et peuvent également broyer le béton directement sur le chantier.

Des milliers de tonnes de matériaux

À mesure que les bâtiments disparaissent, les volumes s’accumulent. Depuis le début du chantier, 400 tonnes de bois, 7200 tonnes de béton armé, 290 tonnes de tuiles et 100 tonnes de matériaux incinérables ont déjà été évacuées.

Mais démolir ne signifie pas forcément jeter. Une partie des matériaux est valorisée.

"Le béton va être concassé, il va faire de la grave. Le bois part en centrale de chauffe, on en fait de l’énergie. Les tuiles sont réutilisées pour faire des substrats, des aménagements extérieurs", détaille Nicolas Chablais, directeur de Michel Démolition.

Un nouveau quartier à la place de la friche

Une fois les neuf bâtiments démolis, les matériaux amiantés évaucés, le terrain pourra poursuivre sa transformation. Un développement conséquent pour Marly, qui compte aujourd’hui plus de 9'500 habitants. La construction du nouveau quartier pourrait s’achever dans trois ans.

Frapp - Alexia Nichele
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