Matinée électorale: Romain Collaud

Dès lundi, RadioFr. reçoit les 14 candidates et candidats au gouvernement fribourgeois. On débute avec le Ministre de la sécurité, de la justice et du sport.

Romain Collaud était l'invité de RadioFr. lundi matin. © Frapp

Qui sont les personnalités qui souhaitent rejoindre le Conseil d'État fribourgeois? Du 12 au 29 octobre, RadioFr. leur consacre une matinée chacune. L'occasion de découvrir leur personnalité, leurs convictions et leurs idées avant le premier tour du 8 novembre.

On débute ce lundi avec Romain Collaud, Ministre de la sécurité, de la justice et du sport. À 42 ans, il brigue un nouveau mandat. Avant de rejoindre le gouvernement en 2022, Romain Collaud a rejoint le Grand Conseil en 2014.

Au niveau professionnel, Romain Collaud a commencé sa carrière par un apprentissage à l'UBS. Il enchaîne ensuite par un diplôme fédéral d'économiste bancaire et fait dans la gestion de fortune. Il est aussi très actif dans le milieu associatif : Giron de jeunesse, skater hockey, foot, braderie.

Quel avenir pour les finances du canton de Fribourg?

Radio Fribourg: Le 26 avril dernier, les Fribourgeois et les Fribourgeoises ont refusé la LAFE, la loi sur l'assainissement des finances de l'État. Elle prévoyait 400 millions d'économies sur 3 ans. C'est un échec pour le gouvernement et votre camp politique. Quelle est votre solution pour les finances, pour les années à venir ? Il faut revenir avec des coupes?

Romain Collaud: Oui, je pense qu'on va revenir malheureusement avec un plan d'assainissement. On a beaucoup de défis qui nous attendent. On parlait de la réforme EFAS qui concerne les primes d'assurance maladie, respectivement le mode opératoire par rapport au stationnaire et l'ambulatoire, avec un coût qui sera de plusieurs dizaines de millions dès 2028 pour le canton. On a la fin des cas de rigueur. C'était de l'argent qu'on recevait de la Confédération qui ne tombera plus dans les caisses du canton à partir de 2031. Et là, on parle de plus de 100 millions qui vont disparaître. On devra aller soit chercher des recettes supplémentaires, soit diminuer les charges pour pouvoir un petit peu compenser. Parce qu'on doit assurer les prestations de la population.

Il faudra donc couper dans les prestations?

Non. Quand je parle de couper, on parle de couper dans les charges, de trouver des endroits où on peut économiser, être plus efficace, plus efficient. Le but n'est pas de couper dans les prestations. Peut-être qu'on devra revoir aussi quelles sont les priorités de l'État. C'est effectivement une question qu'on devra se poser. Mais le but est bien de garantir ces prestations, voire même de les améliorer.

Vous parlez aussi d'avoir peut-être plus de revenus, de trouver des moyens financiers en plus. Les impôts, c'est un sujet?

Je ne pense pas que les impôts soient la priorité du Conseil d'État à l'heure actuelle. En tout cas, moi, pour l'instant, je m'oppose à une hausse. Je pense qu'on peut encore aller chercher justement des diminutions de charges dans beaucoup d'endroits. Si je prends le cas de la justice, on était répartis sur beaucoup trop de sites. Et c'est chaque fois une cuisine, c'est chaque fois une bibliothèque, c'est chaque fois du ménage, ce sont des locations et tout ça, il faut le payer.

On a des investissements importants qui vont arriver pour le canton de Fribourg. On parle du futur hôpital: entre 500 millions et 1 milliard de francs. Il y a aussi la couverture autoroutière. On va chercher où l'argent ? Est-ce que le canton a les moyens pour ces investissements?

C'est une très bonne question. La question de l'hôpital, elle ne se pose même pas. On doit avoir un nouvel hôpital. Maintenant, c'est le volume de cet hôpital-là qui doit être questionné. Quel prix on est prêt à payer? Mais c'est un investissement pour la population. Et la santé est un domaine extrêmement important pour les citoyens de ce canton. Et je crois que là, c'est clair qu'on devra mettre les moyens pour justement avoir un hôpital efficace. Parce qu'on perd aussi de l'argent avec cet hôpital qui n'est pas fonctionnel pour le service, pour tout le personnel hospitalier, pour les médecins, pour la gestion des flux. La couverture autoroutière, elle va aussi servir à dégager des revenus pour la venue d'entreprises dans des endroits qui sont stratégiques.

Aujourd'hui, le canton de Fribourg a un frein à l'endettement assez restrictif. Il faudrait le revoir?

Je vous attendais sur cette question. Alors, à mon sens, oui, on doit le revoir. Parce qu'aujourd'hui, on a de la peine justement à avoir ce côté visionnaire. C'est un petit peu ce qu'on nous a reproché, cette dernière législature, de ne pas pouvoir justement avoir cette vision. Je pense que ce double frein à l'endettement nous l'empêche. Ça ne l'empêche pas qu'on doit garder la maîtrise de ces charges. Mais je pense qu'on peut travailler sur un système à cliquet. Ça veut dire qu'on pourrait imaginer avoir, si on a deux ans, trois ans de déficit au niveau de l'État, de repartir sur le double frein à l'endettement qui permettrait justement une stabilisation des finances de l'État. Mais pour pouvoir investir pour l'avenir, pour pouvoir économiser en 2040, on doit pouvoir des fois investir massivement. Et je pense que c'est nécessaire de revoir ce système.

Dans le programme de l'Entente, il est écrit: "un État trop lourd et mal organisé coûte inutilement beaucoup de temps, d'argent et d'énergie à sa population et son économie. Il faut maîtriser la croissance de la masse salariale de l'État par rapport aux recettes." Il est aussi question de revoir le salaire, les paliers automatiques des employés de l'État. C'est une attaque contre les employés de l'Etat? 

Non. Je crois qu'aujourd'hui, il y a eu un faux procès sur cette espèce de salaire au mérite. Le salaire au mérite, c'est pas du tout le but de l'Entente. C'est pas du tout le but de la droite du Grand Conseil. Quand on parle de ce qu'on appelle le salaire au mérite ou qui est décrié de cette manière-là par les syndicats, on parle vraiment de pouvoir augmenter de manière supplémentaire les employés qui travaillent très bien et surtout de pouvoir aussi parfois dire à ceux qui ne travailleraient pas très bien et heureusement, c'est une infime partie du personnel de l'État, vous n'aurez pas d'augmentation. Il faut avoir cette flexibilité pour aussi récompenser un petit peu ceux qui vraiment donnent corps et âme pour la population qui travaillent de manière très efficace. Maintenant, il y a aussi une question par rapport au nombre de paliers. Est-ce qu'on les augmente? Est-ce qu'on reste à 20? Parce qu'aujourd'hui, après 20 paliers, vous êtes bloqués. Le système de la Confédération est peut-être un peu plus efficace que celui du canton de Fribourg.

RadioFr. - Vincent Dousse
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