Michel Peiry, le sadique de Romont, ne sortira pas de prison
Le "sadique de Romont" ne sortira pas de prison, même le temps d'un congé. Il ne bénéficiera pas de sorties accompagnées.

L'homme, aujourd'hui âgé de 67 ans, avait défrayé la chronique dans les années 80 pour avoir commis plusieurs assassinats précédés d'abus sexuels sur des adolescents. Il avait été condamné à la réclusion à vie en octobre 1989 par le Tribunal de l'Entremont (VS). Il est en prison depuis son arrestation en mai 1987 et n'a depuis lors jamais bénéficié d'un congé.
En 2023, il avait demandé à pouvoir bénéficier de sorties accompagnées, ce qui lui avait été refusé par la prison où il est incarcéré, puis par les diverses autorités compétentes, en dernier lieu par le Tribunal cantonal valaisan, par décision du 25 avril 2025.
Risque de récidive
Saisi d'un recours, le TF a confirmé le refus de l'instance précédente. Dans son recours, le condamné avait fait valoir sa bonne conduite et l'absence de perspectives, ce qui violerait la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH).
Le TF a relevé que le condamné présente un risque de récidive très élevé. Il a confirmé que le Tribunal cantonal valaisan s'était basé à bon droit sur une expertise psychiatrique. Cette expertise a relevé que le cadre pénitentiaire réduisait les facteurs vers de nouvelles infractions.
Toutefois, hors du cadre carcéral, le condamné serait à nouveau confronté à ses pulsions sans pouvoir user de stratégies pour minimiser les risques de passages à l'acte. En outre, le condamné n'a pas abordé lors de sa thérapie les dispositions comportementales qui le poussaient à commettre de tels crimes. Enfin, le fait qu'il soit diminué dans sa santé ne constitue pas un frein à commettre de nouvelles infractions.
Risque pour la société, même après 38 ans de détention
Vu le risque élevé de récidive, une sortie "ordinaire", à savoir sans encadrement de sécurité, est exclue, en conclut le TF. Les juges de Mon Repos rappellent que cela ne viole pas la CEDH, même après plus de 38 ans de détention, car les droits fondamentaux des tiers, potentielles victimes en cas de récidive, priment sur le droit à la liberté du condamné. En conclusion, il n'existe pas de droit à la réinsertion d'un condamné à vie dès qu'il représente un risque aussi élevé pour la vie et l'intégrité physique, psychique et sexuelle de tiers.
Le condamné avait suggéré une sortie avec la mise en place de conditions de sécurité draconiennes, soit la présence de plusieurs gardiens de prison voire de policiers armés qui l'aurait accompagné le long d'un trajet défini. Cette possibilité a également été écartée par le Tribunal fédéral. En effet, les juges ont estimé qu'il faudrait prévoir des ressources considérables en nombre de policiers pour pouvoir prévenir tout risque de fuite ou de récidive.
De multiples crimes
Pour rappel, le "sadique de Romont" avait avoué l'assassinat de trois adolescents en Suisse et deux autres crimes à l'étranger. Il s'était rétracté sur trois autres meurtres avoués en cours d'enquête. Avant de les tuer, il faisait subir à ses victimes, des adolescents âgés de 14 à 18 ans qu'il avait rencontrés en faisant de l'auto-stop, des tortures et des sévices sexuels.
Par le passé, la justice lui a refusé par deux fois une libération conditionnelle, en 2002 et en 2009. (arrêt 7B_518/2025)


