Observer l'infiniment petit: l'Unifr dévoile un nouvel outil

Plus petit, plus léger et moins coûteux: un microscope mis au point par l'université de Fribourg atteint une précision inégalée pour un appareil aussi compact.

Le microscope a été mis au point par le département de physique. © Université de Fribourg

Il permet d'observer les molécules individuelles présentes dans un échantillon, directement à travers la caméra d'un smartphone. Ce microscope ultra-compact (1,2 kg, pour un gabarit qui entre dans une boîte à chaussure) représente une avancée significative pour des domaines aussi variés que la biologie, la chimie ou la médecine. En effet, il permet de mener certaines observations, comme analyser des cellules cancéreuses, différencier une infection causée par des bactéries d'un virus ou détecter des substances dangereuses dans l'environnement, sans recourir à un laboratoire.

Il pourrait donc facilement être utilisé sur le terrain, dans des établissements qui ne disposent pas d'équipements de pointe ou dans des zones reculées et dépourvus d'infrastructures médicales. Une collaboration a notamment été lancée avec une université colombienne pour utiliser le dispositif dans le cadre de la lutte contre la malaria.

Un outil fonctionnel pour moins de 350 euros

Les microscopes à fluorescence sont depuis des décennies des outils essentiels dans la recherche. Les smartphones ont déjà changé la donne dans ce secteur il y a une dizaine d'années. Avec leurs caméras performantes, leur capacité de traitement de données et leur bas prix, ils ont permis de développer des microscopes beaucoup plus faciles à transporter, qui fonctionnent à l'aide d'un téléphone. Mais jusqu'à présent, la précision de ces appareils n'atteignait pas le niveau des microscopes à fluorescence traditionnels.

C'est aujourd'hui chose faite, grâce à une avancée réalisée par le département de physique de l'université de Fribourg (UNIFR). Un groupe de chercheurs de l'institution sous la direction du Professeur Guillermo Acuna a publié un article dans la revue Nature Communications qui démontre la précision et la sensibilité de l'appareil. 

L'autre avantage de ce prototype est son coût, inférieur à 350 euros pour la totalité des composants utilisés. C'est largement moins que les microscopes à fluorescence conventionnels, qui peuvent coûter jusqu'à plusieurs centaines de milliers d'euros par appareil, note l'université.

La technologie fait actuellement l’objet d’une demande de brevet. L'objectif pour les chercheurs est maintenant de continuer de développer le microscope pour qu'il puisse être utilisé dans la médecine vétérinaire ou humaine.

Le projet avait déjà été récompensé par le prix de l'innovation remis par la Haute école de gestion de Fribourg.

Frapp - Simon Gumy
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