Modération salariale en Suisse

De mise depuis 2012 en Suisse, la modération en matière salariale s'est poursuivie l'an dernier. Les salaires ont ainsi affiché l'an dernier une hausse nominale moyenne de 0,8%.

Au regard de la hausse de 0,9% affichée 2019, la croissance nominale des rémunérations s'est légèrement tassée l'an dernier, ressort-il du communiqué diffusé vendredi par l'OFS. L'indice suisse des salaires nominaux s'est ainsi établi à 103,4 points (base 2015 = 100). Compte tenu d'un taux d'inflation annuel moyen de -0,7%, les salaires réels ont augmenté de 1,5% (102,6 points, base 2015 = 100).

Les chiffres de 2020 confirment ainsi le phénomène de modération salariale que connaît la Suisse depuis 2012, leur croissance nominale annuelle se révélant inférieure à 1%, ajoutent les statisticiens fédéraux. La plupart des décisions en matière de salaires pour l'an dernier ont été prises en septembre 2019, alors que l'inflation était estimée à 0,4% pour 2020.

Dans les faits, la crise sanitaire provoquée par la pandémie de Covid-19 et le ralentissement conjoncturel qui en a découlé, se sont soldés par un recul général des prix de 0,7%. Le pouvoir d'achat des salaires, résultat de l'ajustement des salaires nominaux à l'inflation, a donc augmenté pour la deuxième fois depuis 2019.

Importants écarts

Dans les activités bénéficiant de conventions collectives de travail (CCT), lesquelles comptent près d'un demi-million d'employés, la croissance des salaires effectifs (nominaux) négociée pour 2020, s'est inscrite à 0,4%.

Selon les secteurs, les salaires nominaux ont crû en moyenne de 0,5% dans l'industrie, après des hausses de 0,9% en 2019, 0,3% en 2018 et 0,4% en 2017. La progression de l'an dernier s'est révélée inférieure à la moyenne de 0,8% de l'ensemble de l'économie suisse. L'OFS observe cependant d'importants écarts dans ce secteur, entre des baisses de 1,8 et des augmentations de 2,2%.

La palme de la croissance nominale est revenue à la fabrication des produits métalliques (+2,2%) et à la construction (+0,8%). Les industries extractives et celles liées à la production et la distribution d'énergie ont subi les plus forts replis (-1,8%), avec la branche du bois, du papier et de l'imprimerie (-0,3%).

A l'image de l'année précédente, les salaires nominaux du secteur tertiaire ont crû l'an passé de 0,9%, après des hausses respectives de 0,9%, 0,5% et 0,4% en 2019, 2018 et 2017. L'informatique et les services d'information ainsi que les activités spécialisées, scientifiques et techniques ont bénéficié des plus importantes augmentations (+2,7%), devant celles du commerce et de la réparation d'automobiles et de motocycles (+2,1%).

Dans le domaine "santé, hébergement médico-social et action sociale", les salaires nominaux ont augmenté de 1,7%. Toujours dans le secteur tertiaire, cinq branches ont subi un recul des salaires nominaux, dont celle de l'assurance (-2,1%) et du commerce de gros (-0,6%).

Hausse plus forte dans le tertiaire

Du côté des salaires réels, la hausse a atteint 1,2% dans le secteur secondaire et 1,6% pour le tertiaire. L'évolution des salaires réels en 2020 s'est située dans une fourchette allant de -1,4% à +3,4%, soulignant ainsi la diversité des dynamiques salariales à l'oeuvre dans les différentes branches économiques.

De 2016 à 2020, le rythme annuel moyen de la progression salariale réelle pour l'ensemble des personnes salariées a atteint 0,5%. Dans le secteur secondaire, l'évolution réelle annuelle moyenne sur cette période s'est fixée à +0,4%. Sur cette période, les branches dites "à moyenne et haute technologie", lesquelles représentent aussi les grandes branches exportatrices du secteur industriel, ont influencé le plus fortement à la hausse l'évolution des salaires réels.

ATS