Jurkovitz: "Si on gagne qu'un titre, c'est une déception"

Natan Jurkovitz s'est confié sur sa main cassée, son été avec le basket 3x3 et les ambitions de Fribourg Olympic. Interview.

Fribourg Olympic débute le championnat dimanche avec la réception d'Union Neuchâtel, sans Natan Jurkovitz. © Keystone

Radio Fribourg: Vous vous êtes cassé la main le week-end passé lors du championnat d'Europe de 3x3 en Belgique. Que s'est-il passé?

Nathan Jurkovic: Ma main s'est coincée entre le dos d'un adversaire et mon torse. Avec le contact, elle s'est pliée. J'ai entendu les craquements directement et j'ai très vite compris ce qui s'était passé.

Vous avez été opéré mardi dernier. Comment ça s'est passé?

Tout s'est bien passé, heureusement. J'ai pu rentrer à la maison le jour même, c'était en ambulatoire. Au début, c'était assez compliqué, je ne pouvais pas du tout utiliser ma main. Maintenant, avec les exercices, j'arrive à porter quelques affaires. Ça s'améliore vite.

Il faut respecter le timing des médecins, mais à partir de la 6e semaine, ça va beaucoup dépendre de la douleur et de la mobilité. J'espère progresser plus vite que prévu.

Est-ce que c'est le pire timing, entre la saison de 3x3 et la reprise avec Fribourg Olympic?

J'ai loupé les qualifications de Champions League avec Fribourg Olympic, et avec le 3x3, on a encore pas mal de gros tournois du World Tour. Je vais manquer des choses intéressantes, mais au moins je reviendrai pour ce qui est cool avec Olympic comme le Final Four, la Coupe Suisse, etc. Mais tout le monde a été très cool avec moi, personne ne m'a jeté la pierre. C'est une blessure, pas de chance. Il faudra prendre mon mal en patience.

Comment s'est passé votre été avec le 3x3 avant cette blessure?

On n'avait pas super bien commencé, on était un peu déçus des résultats. Puis on a eu trois semaines de folie où on a tout gagné. La fin de saison est bien meilleure que ce qu'on espérait, on est très contents.

Comment vos coéquipiers du 3x3 vont-ils gérer votre absence?

On a un roster de six joueurs. Avec moi indisponible trois mois, on va chercher un remplaçant. Enchaîner tous ces tournois chaque semaine, partir à l'étranger avec les décalages horaires, c'est un gros impact sur le corps. On ne peut pas tourner à quatre ou cinq.

Comment vos coéquipiers ont réagi à votre blessure?

Ils m'ont énormément soutenu. Je me rappelle encore qu'ils ont fait le geste du 99 avec leurs mains avant le match contre la Serbie, auquel je n'ai pas pu participer. Ça m'a vraiment fait chaud au cœur.

Du côté du 5x5 avec Olympic, vous n'étiez pas en Bulgarie pour les qualifications à la Ligue des Champions. Vos coéquipiers ont perdu d'un point. Comment avez-vous vécu ça?

C'était très frustrant. On a raté la première mi-temps, mais en deuxième mi-temps, on les a battus de 14 points. Si on avait joué ces 40 minutes à ce niveau, on aurait gagné assez facilement. C'est quand même positif de voir la réaction et l'alchimie qui prend, mais il faudra le faire sur 40 minutes.

Il n'y aura pas la Ligue des Champions, mais la Coupe d'Europe FIBA. Quelles sont les chances d'Olympic?

Tout dépend du groupe. On sait que Mykonos sera probablement la meilleure équipe du groupe, et il faut attendre de voir si Oradea sera aussi avec nous. Mais si l'alchimie prend et que tout le monde joue à son niveau, on a une carte à jouer. La beauté de la Coupe d'Europe, c'est aussi qu'on ne connaît pas bien ses adversaires, et on espère la jouer le plus longtemps possible.

Et dans le championnat suisse, quel sera l'objectif?

Quand je commence une saison, c'est pour tout gagner. À Fribourg Olympic, il y a cette ambition et cette pression du résultat. Si on gagne qu'un seul titre comme il y a deux ans, alors c'est une déception. On a cette envie d'excellence, et je trouve que ça nous définit bien.

Qui peut vous mettre des bâtons dans les roues dans ce championnat?

Forcément, Genève. Ils sont très forts cette année, ils ont la Coupe d'Europe et ont construit une équipe pour performer à ce niveau. Ils sont effrayants sur le papier. On s'attend à un beau duel, comme souvent ces dernières années.

Retrouvez l'interview complète de Natan Jurkovitz:

RadioFr. - Marie Ceriani / Adaptation web: Nathan Gendre
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