"Nos tripes sur la glace": Sprunger s'offre une der à Davos

Le capitaine des Dragons a pris congé mardi du public fribourgeois, après avoir aidé son équipe à s'offrir un 7e acte dans cette finale.

Julien Sprunger a profité une dernière fois du public fribourgeois en tant que joueur professionnel. © Frapp

Le Lyoba a résonné comme jamais sous la BCF Arena mardi soir. Dos au mur, Julien Sprunger a livré son ultime match à domicile avec la fougue d'un capitaine qui sait que les minutes sont comptées. Ce n'était pas la soirée idéale sur le plan tactique — il le dira lui-même — mais Gottéron a arraché l'acte VII avec les tripes et le cœur, comme si souvent cette saison.

En quittant la glace, le quadragénaire a pris le temps de saluer le président Hubert Waeber, puis les blessés Sandro Schmid et Andrea Glauser, avant de disparaître dans le couloir sous une acclamation du vestiaire. Une image qui restera longtemps dans les mémoires des supporters fribourgeois.

Un but libérateur enfin en power-play 

Dès la 8e minute, c'est lui qui a lancé les siens. Sur un power-play, un joueur adverse tente de dégager le puck — Sprunger est au bon endroit, l'arrête et expédie un slap plein cadre. "Ça faisait longtemps qu'on attendait ce but en jeu de puissance. Je vais m'en souvenir", reconnaît celui qui compte 414 buts et autant d'assists en 1185 matchs de carrière.

Au cœur du tiers médian, alors que Fribourg perdait son hockey et cédait le momentum aux Grisons, c'est encore lui qui a pris la parole lors d'un temps-mort. Message tactique, rappel à l'ordre, mots justes. "L'entraîneur nous demande depuis le début de la saison de prendre nos responsabilités, de nous auto-coacher s'il le faut. Dans des moments comme ça, les joueurs expérimentés se doivent de prendre la parole, de tirer les autres, de montrer l'exemple."

L'émotion de la dernière

L'avant-match avait pesé. "Les minutes, les heures avant le match étaient plus compliquées. J'étais traversé de beaucoup d'émotions, je savais que c'était mes dernières minutes ici. Mais une fois les patins aux pieds, j'ai réussi à me mettre dans mon match, à me concentrer." Davos a bien réduit l'écart à quelques minutes de la sirène — pas de jambes coupées pour autant. Gottéron a tenu, et c'est Jeremi Gerber qui a scellé la qualification en prolongation, là où Sprunger avait été le héros à l'acte III dans les Grisons.

"Je ne pouvais pas rêver d'une meilleure fin de carrière à la BCF Arena", glisse le capitaine, soulagé et ému à la fois. "On a laissé nos tripes sur la glace, et montré un caractère assez exceptionnel."

La boucle se referme à Davos

Jeudi soir, le rideau tombera définitivement. Devant le public qui l'a vu débuter, Julien Sprunger jouera son 1186e et dernier match de hockeyeur professionnel. "Le 1186e match, à Davos, là où tout a commencé pour moi. La boucle sera bouclée. Et si on peut mettre la cerise sur le gâteau, ce serait extraordinaire."

Frapp / RadioFr. - Rédaction
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