Le Tremplin prépare sa nouvelle adresse à la rue Hans-Fries

La fondation d'aide aux personnes en situation d'addiction ou de grande précarité va déménager dans les locaux de l'école-club Migros, à Fribourg.

Le bâtiment, qui abrite actuellement l'école-club Migros, se compose de deux parties datant respectivement du début du 19ème siècle et de la fin des années 50. © La Télé

La fondation, installée provisoirement à la route des Arsenaux, se prépare à se relocaliser de manière permanente à la rue Hans-Fries. Le déménagement est prévu pour début 2028.

L'emplacement est idéal pour implanter les activités du Tremplin, selon l'architecte en charge des rénovations, Stefan Kuriger. Il a avant tout été retenu pour sa proximité avec la gare, son importante surface (2'100 mètres carrés) qui permettra de rassembler toutes les prestations ambulatoires de la fondation et son implantation dans une zone mixte, qui accueille d'autres organisations de la santé et du social (Clinique générale, REPER, Croix-Rouge fribourgeoise,...).

Le Tremplin a acquis l'édifice il y a environ deux ans. L'achat a été réalisé grâce aux fonds propres de l'organisation et l'argent reçu pour la vente de son ancien bâtiment à l'Avenue de l'Europe. En comptant le montant des travaux de rénovations, le coût de l'opération est estimé entre 12 et 13 millions de francs.

La Direction de la santé et des affaires sociales (DSAS) assure que la continuité des prestations est garantie pendant la période de déménagement, tout comme elle l'avait été pendant l'installation des services à la route des Arsenaux.

Des groupes de suivi pour informer

Le nouveau bâtiment réunira sous son toit la quasi-totalité des prestations du Templin: un accueil de jour, des ateliers de menuiserie et de couture, des services d'accompagnement, d'aide au logement et de santé sexuelle ainsi que l'espace de consommation sécurisé (ECS), qui permet aux personnes souffrant d'addiction d'inhaler ou d'injecter des produits dans un cadre propre et contrôlé.

Lors du premier déménagement du Tremplin depuis l'Avenue de l'Europe, les habitants de la route des Arsenaux avaient appris la nouvelle par la presse, ce qui n'avais pas manqué d'attiser les craintes. "Après l’inauguration, il y avait eu des débats dans tous les sens dans le quartier", se souvient Alessandro Cuccu, président de l'association Habiter Pérolles. "Nous n’avions reçu aucune information de la part de la fondation, du canton ou de la ville. Aujourd’hui nous avons tiré la leçon de ce qui s’est passé."

Des groupes de suivi ont été mis en place et réunissent aujourd'hui la population, la fondation, les autorités et la police. "Les problématiques sont anticipées", poursuit Alessandro Cuccu. Le quartier a d'ailleurs plutôt bien accueilli les activités de la fondation. "Avoir une organisation qui agit pour les personnes avec des problèmes d'addiction ou de précarité, cela met en sécurité le reste de la population du quartier", salue le membre de l'association de riverains.

La présidente du conseil de fondation du Tremplin, Geneviève Beaud-Spang, est aussi très satisfaite des échanges qui ont eu lieu lors de ces réunions: "On se sent dans une écoute et une solidarité réciproque." Elles ont d'ailleurs été une force pour expliquer le travail de l'organisation. "Nous assurons une certaine sécurité et une certaine propreté dans la consommation", défend la responsable. "Ce qui n'a pas lieu dans le cadre du Tremplin risque de se retrouver de manière diffuse partout ailleurs en ville."

Le local de consommation, loin de créer la polémique, semble avoir convaincu les habitants. Habiter Pérolles dit même soutenir un élargissement de ses heures d'ouverture. "On voit qu’après la fermeture, la consommation se déplace vers le parc du Domino et les toilettes publiques", regrette Alessandro Cuccu. Actuellement, l'ECS est ouvert de 11h à 15h, les jours de semaine.

Des aménagements pour favoriser la cohabitation

À la rue Hans-Fries, la maison historique, à laquelle a été ajoutée une extension vers la fin des années 50, nécessitera quelques travaux de rénovations. Stefan Kuriger évoque des problèmes d'étanchéité et d'isolation. Mais dans l'ensemble, les locaux "fonctionnent parfaitement" avec les besoins de l'organisation, avec des petits bureaux dans la partie historique et des grands espaces pour l'accueil de jour et les ateliers de travail dans l'autre. "On n'aura pas besoin de démolir ou de casser des murs", assure l'architecte basé à Berne. 

Deux photos du bâtiment de la Rue Hans-Fries, à la fin du 19ème siècle et aujourd'hui.
La Villa des Fougères, à la fin du 19ème siècle et aujourd'hui. Source: Le Tremplin.

Plusieurs aménagements extérieurs, dont une rampe, sont prévus pour améliorer l'accessibilité. La haie et la clôture qui entourent le bâtiment seront conservés pour donner un peu de discrétion aux activités de la fondation. La partie arrière du bâtiment, qui donne sur un talus boisé, sera utilisé comme espace de détente pour les bénéficiaires.

Classée comme édifice protégé, la villa impose quelques contraintes en matière de rénovations. Mais les porteurs du projet se réjouissent de travailler dans un tel écrin. "Le fait qu'on ait un bâtiment historique très, très beau, c'est plutôt une force du site", estime Stefan Kuriger. "Il permet de donner un visage, une adresse à la fondation. On dispose d'espaces à l'intérieur avec des boiseries, des choses qui, normalement, ne sont pas possibles pour ce genre d'établissement", observe l'architecte. "C'est l'occasion pour les bénéficiaires de la fondation d'avoir quelque chose de plus que le strict minimum."

La demande de permis pour les diverses rénovations sera déposé cet été. Le début des travaux est prévu pour le printemps 2027, après le départ de l'école-club Migros. Le Tremplin organise une séance d'information publique le 16 juin prochain. Il présentera son projet au public, ainsi qu'une analyse de l'impact de l'ECS depuis son ouverture.

Frapp - Simon Gumy
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