Massacre de Boutcha: nouvelles sanctions discutées

Un grand nombre de corps de civils ont été découverts dans la région de Kiev. L'UE va se pencher sur de nouvelles mesures contre Moscou.

L'UE "condamne dans les termes les plus forts les atrocités rapportées commises par les forces armées russes dans plusieurs villes ukrainiennes occupées, qui ont maintenant été libérées", ajoute M. Borrell dans un communiqué.

Un nouveau train de sanctions est en discussions entre les 27, mais l'unanimité est nécessaire pour l'adoption de nouvelles mesures.

Le président français Emmanuel Macron a évoqué lundi des sanctions individuelles et des mesures sur "le charbon et le pétrole", mais il n'a pas mentionné les achats de gaz, sujet de division entre les Européens.

Le chancelier allemand Olaf Scholz avait lui aussi réclamé dimanche de nouvelles sanctions après la découverte des corps de civils à Boutcha, près de Kiev, des meurtres imputés à l'armée russe qu'il a qualifiés de "crimes de guerre".

Une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE est programmée le 11 avril à Luxembourg et un sommet européen extraordinaire consacré au conflit en Ukraine, à la situation économique et à la Défense européenne est prévu "fin avril début mai", ont indiqué les services de Josep Borrell.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a appelé lundi à la création d'une commission d'enquête internationale sur "le génocide" commis selon lui par l'armée russe dans des villes ukrainiennes, dont Boutcha, où les corps de 410 civils ont été découverts après le retrait des troupes russes, selon la procureure générale d'Ukraine.

Moscou dénonce une "provocation"

La Russie a annoncé lundi qu'elle allait enquêter sur une "provocation" visant à "discréditer" les forces russes en Ukraine, après la découverte d'un grand nombre de cadavres de civils à Boutcha, près de Kiev.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé dimanche la Russie de commettre un "génocide" en Ukraine, au lendemain de cette découverte.

Le patron du Comité d'enquête russe, Alexandre Bastrykine, a ordonné de "donner une évaluation judiciaire de la provocation de la part de l'Ukraine concernant le meurtre de civils à Boutcha", a indiqué dans un communiqué cet organisme chargé des principales enquêtes pénales dans le pays.

"Afin de discréditer les militaires russes, le ministère de la Défense ukrainien a diffusé auprès des médias occidentaux des images tournées à Boutcha, dans la région de Kiev, comme preuve d'une tuerie de masse des civils", accuse le communiqué.

"Selon les informations du ministère russe de la Défense, tous les matériaux diffusés par le régime de Kiev sur les crimes des militaires russes dans cette localité ne correspondent pas à la réalité et ont un caractère provocateur", affirme-t-il.

Selon la même source, M. Bastrykine a ordonné de prendre des "mesures exhaustives" pour identifier toutes les personnes impliquées et établir si elles doivent être poursuivies pour diffusion de "fausses informations" sur l'armée russe, un crime apparu dans le code pénal russe après l'offensive en Ukraine et passible de 15 ans de prison.

Bombardements dans le sud

Huit personnes ont été tuées et 34 blessées dans des bombardements des forces russes dimanche sur les villes d'Otchakiv et de Mykolaïv, dans le sud de l'Ukraine, a indiqué lundi le Parquet ukrainien.

"Du fait des bombardements de l'ennemi, sept habitants de la ville d'Otchakiv ont été tués et 20 autres blessés. Dans la ville de Mykolaïv, une personne a été tuée et 14 autres blessées, dont un enfant", a indiqué le parquet dans un communiqué.

Selon le parquet, les tirs des forces russes ont endommagé des habitations et des infrastructures civiles ainsi que des véhicules.

Ville-verrou sur la route d'Odessa, le plus grand port d'Ukraine, Mykolaïv, 475'000 habitants avant la guerre, a été longuement pilonnée quand l'armée russe avait en vain tenté de s'en emparer.

L'étau russe semblait s'y desserrer ces derniers jours.

Le port d'Otchakiv, 15'000 habitants, au bord de la mer Noire, était lui l'une des premières cibles de l'invasion russe le 24 février.

ATS