Novartis progresse, malgré Sandoz

Le chiffre d'affaires de Novartis a augmenté de 1% sur les trois premiers mois de l'année, à 12,41 milliards de dollars (11,36 milliards de francs). Ce résultat a été atteint malgré une contre-performance de son unité génériques et biosimilaires Sandoz.

La base de comparaison avait de surcroît été marquée par un phénomène de constitution de réserves de médicaments à l'approche de la première vague pandémique.

Les médicaments originaux regroupés au sein de la principale unité Innovative Medicines ont créé la surprise avec une croissance de 4% à 10,1 milliards de dollars. Sandoz a essuyé une chute de 9% à 2,3 milliards, lestée entre autres par une saison des refroidissements particulièrement anémique et une pression tarifaire exercée par une concurrence croissante, détaille le compte-rendu diffusé mardi.

Traitements à succès

La multinationale pharmaceutique se félicite d'être parvenue - dans son coeur de métier du moins - à surcompenser les effets délétères de la pandémie de coronavirus sur les franchises en ophtalmologie et en dermatologie notamment, grâce à l'essor des récents lancements.

Les progrès les plus marqués sont à mettre au crédit de la thérapie génique Zolgensma (+88% à 319 millions), du traitement cellulaire Kymriah (+62% à 151 millions) ou encore du médicament pour le coeur Entresto (+39% à 789 millions). L'anti-inflammatoire Cosentyx (+13% à 1,05 milliard) confirme son statut de principal moteur de ventes.

Rentabilité émoussée

La rentabilité s'est affaissée, avec un résultat opérationnel élagué de 12% à 2,2 milliards de dollars et un bénéfice net érodé de 5% à 2,06 milliards. Hors effets considérés comme exceptionnels, l'Ebit aurait reculé de 2% à 3,96 milliards et le gain net de 4% à 3,41 milliards.

L'érosion de la rentabilité opérationnelle répond notamment à des amortissements et des frais de restructuration en hausse chez Innovative Medicines, ainsi qu'à un correctif de valeur lié à l'anticholestérol Leqvio, acquis en début d'année dernière pour près de 10 milliards de dollars. L'essentiel du tassement est toutefois attribué à Sandoz et à l'amputation d'un bon tiers hors effets de changes de son excédent d'exploitation.

Objectifs reformulés

La direction reconduit dans les grandes lignes ses ambitions pour l'ensemble de l'exercice, comprenant à taux de change constants une hausse de 1 à 5% du chiffre d'affaires et d'environ 5% de l'excédent opérationnel de base. Les perspectives pour Sandoz se sont néanmoins péjorées et la division risque désormais d'accuser une contraction de 1 à 5% de ses revenus et de 10 à 15% de son Ebit de base.

Le directeur général Vasant Narasimhan a assuré en téléconférence que les déboires de Sandoz ne constituaient pas une raison pour se détourner de la filiale, laissant entrevoir une embellie sur la seconde moitié d'année et des perspectives intactes à plus longue échéance.

ATS