On débarque chez vous: Autigny

Du Tirebillons, quelques artistes et des habitants fiers de leur commune. Nathan Clément et Hugo Savary ont passé leur journée à Autigny.

La Commune d'Autigny surplombe les rivières de la Glâne et de la Neirigue. © RadioFr.

La commune en 30 secondes

    • Habitants: entre 800 et 850
    • District: Sarine
    • Particularité: un pont suspendu qui traverse le cours d'eau de la Glâne. Inauguré en mai 2025, ce sont des apprentis qui l'ont construit. 
    • Fierté locale: sa place du village: "le centre d'Autigny n'a pas bougé depuis au moins 100 ans", a-t-on même entendu! 
    • Ce qui manque: le village a perdu l'Auberge de l'Ecu, le seul restaurant de la commune. 
    • Ce que les habitants adorent: l'ancien terrain de foot, caché dans le bas du village le long de la Glâne a été réaménagé en place pour les familles "qui viennent de loin pour y passer du temps... vous n'imaginez pas!"
    • Le truc qu'on ne sait pas sur Autigny: En plein centre du village, se cache certainement la plus petite piscine publique du canton. Cette piscine d'Autigny a été ouverte par Lucien et Dominique Haller Sobritz pour y proposer notamment des cours d'aquagym ou de la nage à contre-courant. 

Le visage du jour

Où manger quand le village n'a plus de restaurant? "Venez manger chez moi! On grillera des saucisses à midi." Une poignée de main, quelques rires au détour d'une conversation, et Christophe Cudré-Mauroux vous a déjà adopté à sa tablée.

On se demande bien où le solide Sarinois trouve le temps. Agriculteur avec plus d'une centaine de bêtes à gérer, actif dans le terrassement en parallèle, le Sarinois reçoit pourtant une dizaine de convives ce midi-là.

Et ce n'est pas tout. Les 24 heures d'une journée lui semblant encore trop longues, Christophe s'est aussi lancé dans l'organisation du Tirebillons: une compétition de tirage de billons par des tracteurs, prévue les 21, 22 et 23 août. Ici, pas de catégories au poids comme en lutte suisse — c'est le tracteur qu'on jauge. Votre vieux Hürlimann de 70 ans a donc toutes ses chances, sans risquer de croiser un Deutz-Fahr 9340 TTV Warrior de 12 tonnes. Dans cette compétition, la taille ne compte pas.

Une petite dizaine de personnes travaillaient mercredi sur le site du Tirebillons, notamment pour monter une meule à charbon. 

"Tout est cousu à la main ici, explique Christophe Cudré-Mauroux. On est des gens de la terre, on a tout fait. J'ai soudé les armatures des bancs, les planches qui viendront dessus... C'est nous aussi. Le bois vient de la région et sera recyclé en copeaux."

L'endroit à connaître

Profitant d'une pause à la lisière de la forêt, l'équipe du Tirebillons nous glisse un conseil: aller chercher la fraîcheur du côté de la passerelle de Posat, le pont suspendu d'Autigny. Une vingtaine de mètres de passerelle construite entre 2024 et 2025 par une quinzaine d'apprentis.

Pour les plus aventureux, l'accès depuis le bas du village longe la Glâne à travers la forêt. Pour les journalistes qui souffrent de la chaleur et les âmes moins intrépides: "l'accès est plus facile depuis Posat! Tu descends vers le restaurant, la chapelle, et tu tombes dessus en moins de 5 minutes."

Un petit détour en voiture et 3 minutes 45 de marche plus tard, nous voilà au pied du pont. La rivière se perd dans le feuillage, traversé par des faisceaux de lumière qui donnent à l'endroit des airs de carte postale.

Le pont relie les villages de Posat et d'Autigny. 

En remontant vers la voiture, difficile de ne pas s'arrêter à la petite chapelle de Posat. Pour confesser ses péchés — comme Hugo Savary, qui ne dira pas lesquels — ou plus simplement pour profiter de sa source d'eau, réputée pour soulager les maux des yeux. On repart en tout cas avec la conscience légère et le regard apaisé.

Hugo Savary après avoir confessé ses pêchés. 

 Parole aux habitantes, aux habitants... et aux artistes!

Le bagou aussi aiguisé que les lames qui dorment dans son atelier, Serge Berset tient à nous montrer sa scierie "dans le virage en bas du village, à gauche de la route". Dans son antre, le Sarinois travaille le bois à l'ancienne, avec une machine vieille de 80 ans.

"Je peux tout faire avec elle. Elle coupe toutes les billes de bois, même les plus petites", explique l'artisan. Et les vieilles poutres, s'il y a des clous à l'intérieur... Elle les coupe! La lame d'une machine moderne serait foutue. Ici, j'ai juste à l'aiguiser."

On quitte cette caverne d'Ali Baba qui déborde de créativité pour remonter dans le village, vers un autre haut lieu de la création. Dans une ancienne ferme rénovée à la sortie d'Autigny, Isabelle Pichonnaz tourne de la poterie. Autodidacte, elle vend ses pièces et donne des cours à des cercles réduits.

"Je travaille beaucoup avec les grès. J'aime la couleur naturelle de la terre, ce beige, raconte la Nidwaldienne d'origine. Au début, je n'appliquais même pas de couleur, parfois du blanc. Pour moi, c'était vraiment important de voir la pièce."

Ce qu'on retient de notre journée

"Pourquoi je partirais en vacances?  J'ai tout ce qu'il me faut ici! Je suis entouré de personnes que j'aime... Regarde! Et on vit bien, on est tranquille", affirme Christophe Cudré-Mauroux. Et on ne peut qu'acquiescer lorsque l'on prend le temps de visiter cette commune. Un peu isolé, mais proche de tout: Autigny, c'est ce genre de village où on peut ralentir, prendre le temps de se ressourcer.

L'accueil des habitants et leur sympathie est sans doute le plus grand atout d'Autigny. De l'ancienne syndique, au menuisier, en passant par la laiterie, tout le monde a pris le temps pour nous et nous a presque à chaque fois invités à partager un verre. 

RadioFr. - Nathan Clément / Hugo Savary
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