Deux à trois semaines en Iran, dit Trump
Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi que les Etats-Unis étaient "proches de remplir" leurs objectifs dans la guerre contre Téhéran. Il a cependant prévenu que l'Iran sera frappé "extrêmement durement" pendant encore deux à trois semaines.

Lors de sa première allocution à la nation depuis les premières heures du conflit le 28 février, le président américain a vanté des victoires "décisives" et "écrasantes" obtenues par les Etats-Unis, réaffirmant que les frappes étaient nécessaires pour empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire.
Malgré tout, le locataire de la Maison-Blanche a martelé que la fin du conflit n'était pas encore venue. "Nous allons les frapper extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l'âge de pierre auquel ils appartiennent", a-t-il lancé.
Donald Trump a de nouveau menacé de s'en prendre aux infrastructures énergétiques iraniennes, affirmant qu'en l'absence d'accord, les Etats-Unis allaient "frapper chacune de leurs centrales électriques très durement et probablement simultanément".
Détroit d'Ormuz
Le président américain a également appelé les pays qui dépendent du détroit d'Ormuz à "s'occuper" de résoudre le blocage par l'Iran de cette voie maritime stratégique pour la distribution d'hydrocarbures à travers le monde.
Dans la matinée, il avait pourtant exclu toute trêve sans réouverture du détroit, dont le blocage déstabilise l'économie mondiale. Sans la levée du blocus, l'Iran sera bombardé "jusqu'à l'anéantissement", avait-il averti.
La quasi-fermeture de ce passage maritime a entraîné une envolée des cours du pétrole, nourrissant la peur d'une inflation durable. Les gardiens de la révolution, armée idéologique de l'Iran, ont réaffirmé mercredi que le détroit resterait fermé aux "ennemis" du pays.
Dans ce contexte, Londres a annoncé la tenue jeudi d'une réunion virtuelle impliquant une trentaine de pays prêts à garantir la sécurité dans le détroit une fois les hostilités terminées.
Prix du pétrole à la hausse
Avant son allocution, le président américain avait assuré sur son réseau social Truth Social que son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, aurait réclamé "un cessez-le-feu".
Des affirmations "fausses", a balayé le porte-parole de la diplomatie iranienne, qui a aussi démenti l'existence de négociations directes avec les Etats-Unis. Il a qualifié les demandes de Washington de "maximalistes et irrationnelles".
Massoud Pezeshkian avait évoqué mardi une volonté "de mettre fin" à la guerre, mais il avait listé des exigences, comme des garanties de sécurité et des compensations financières.
Portées par un espoir d'une désescalade, les bourses européennes et Wall Street avaient terminé en hausse mercredi avant le discours de Donald Trump. Mais après l'allocution, le baril de pétrole Brent, référence mondiale, est reparti à la hausse, au-delà des 105 dollars.
Les répercussions économiques du conflit continuent de se faire sentir dans le monde. Dans un entretien à l'AFP, le directeur général de la Banque mondiale, Paschal Donohoe, s'est dit mercredi "très inquiet" des conséquences de la guerre, notamment "sur l'inflation, les emplois et la sécurité alimentaire".
Poursuite des frappes iraniennes
Mercredi et jeudi, les pays du golfe Persique ont été encore visés par des attaques iraniennes. Les Emirats arabes unis ont été frappés par des drones et de missiles peu avant l'allocution de M. Trump.
Israël a subi trois vagues de bombardements iraniens pendant la nuit, dont la dernière juste après les déclarations du président américain. La veille, la journée avait été marquée par d'autres tirs qui ont fait 14 blessés près de Tel-Aviv.
Dans son allocution, Donald Trump a promis qu'il n'abandonnerait pas ses alliés du golfe Persique, nommément "Israël, l'Arabie saoudite, le Qatar, les Emirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn".
Côté israélien, si le gouvernement a estimé que ses objectifs étaient atteints en partie en portant "un coup" aux programmes nucléaires et balistiques iraniens, le premier ministre Benyamin Netanyahou a insisté: la "campagne n'est pas terminée".


