La BCF a cédé des actions de Gottéron: quelle suite?
Le Conseil d'État fribourgeois n'entend pas ouvrir d'enquête sur la vente d'actions de Fribourg-Gottéron par la Banque cantonale à une entreprise de la famille d'Albert Michel.

Le Conseil d'État fribourgeois n'entend pas ouvrir d'enquête sur la vente d'actions de Fribourg-Gottéron par la Banque cantonale de Fribourg (BCF) à la société Pimpco. Il estime qu'aucun élément en sa possession ne permet de conclure à un délit d'initié. La société est détenue par des membres de la famille d'Albert Michel.
Le gouvernement répond à une nouvelle intervention du député Daniel Savary. L'élu avait déposé une seconde série de questions après le refus du Conseil d'État, il y a quelques semaines, de révéler le prix de vente des actions, invoquant le secret bancaire. Le gouvernement avait alors confirmé que la transaction avait eu lieu en 2019 et indiqué que le prix correspondait à la valeur de la société à cette époque.
Albert Michel s'était récusé
Dans sa nouvelle intervention, Daniel Savary relevait que la vente était intervenue alors que la transformation de la BCF Arena était achevée, ou sur le point de l'être. Selon lui, ce projet devait déjà améliorer sensiblement la situation financière du club. Le député demandait dès lors si les règles de récusation avaient été respectées, si la transaction répondait aux exigences de la FINMA et si tout soupçon de délit d'initié pouvait être écarté.
Le gouvernement indique qu'Albert Michel s'était "formellement récusé" lors des discussions portant sur la valorisation des actions de Fribourg-Gottéron. Il précise également que la transaction n'a suscité "aucune remarque particulière" de la part de l'organe de révision agréé par la FINMA.
Pas d'enquête en vue
Concernant un éventuel délit d'initié, le gouvernement répond: "Avec les éléments en sa possession, il n'apparaît pas au Conseil d'État que la transaction puisse constituer un délit d'initié".
Estimant que les réponses apportées à cette intervention ainsi qu'à une précédente question parlementaire sont suffisantes, le Conseil d'État indique qu'il n'a pas l'intention de diligenter une enquête.
En 2019, la BCF avait cédé ses actions de Fribourg-Gottéron à la société Pimpco, détenue par des membres de la famille d'Albert Michel. À l'époque, ce dernier présidait le conseil d'administration de la banque.
De nouvelles questions au gouvernement
L'affaire n'est toutefois pas close au Grand Conseil. Daniel Savary a déposé ce mardi une nouvelle série de questions au Conseil d'État. Le député estime que plusieurs zones d'ombre subsistent autour de cette vente.
Il demande notamment pourquoi la BCF a cédé ses actions à ce moment-là, si la banque peut garantir n'avoir subi aucun manque à gagner, si d'autres acheteurs potentiels ont été sollicités et si Albert Michel s'est récusé lors de l'ensemble des décisions liées à la transaction. L'élu s'interroge également sur les modalités de la vente et demande au gouvernement si la BCF a pu favoriser la société Pimpco lors de cette opération.
Le Conseil d'Etat fribourgeois va à présent se pencher sur ces demandes. Il y répondra dans les deux mois au plus tard.

