Préscolarisation: un atout pour l'intégration des enfants
Depuis près de 30 ans, le canton mise sur un dispositif spécifique pour accompagner les enfants issus de familles en procédure d'asile. Reportage à Broc.
Dans une salle, cinq enfants issus de familles migrantes s'affairent studieusement sous l'œil attentif de leurs enseignantes. Au programme: calcul, ateliers d'écriture et exercices de vocabulaire, adaptés au niveau de chacun. Pour assurer une transition douce vers l'école ordinaire, la préscolarisation se déroule en sept étapes, échelonnées sur trois à six mois. Durant cette période, élèves et enseignants créent des liens de confiance fondamentaux pour la suite de la scolarité.
"Comme j'aime bien dire, notre classe c'est une bulle, où ils savent qu'ici ils sont en sécurité, on va les écouter, on va prendre du temps pour eux, et puis on va pouvoir leur donner des bagages pour la suite", souligne Sophie Richoz, enseignante. Grâce à un effectif restreint – seulement cinq enfants par classe – le suivi personnalisé est assuré tout en laissant place aux interactions en groupe. Cela permet aux élèves d'apprendre le vivre-ensemble.
Un dispositif qui fait ses preuves
Ce dispositif développé par l'ORS, actif dans des projets similaires depuis longtemps, doit composer avec un défi majeur: la fluctuation constante du nombre d’enfants, liée aux arrivées et départs de familles en centre d’accueil. "La stabilité, c'est quelque chose d'essentiel aussi pour pouvoir ancrer les apprentissages, mais aussi pour progressivement redonner confiance aux enfants et à leurs parents face à ce système scolaire", explique Miwa Brunner Lieberherr, responsable préscolarisation.
Avec près de trois décennies d'existence dans le canton, ce système de préscolarisation a démontré son efficacité. Les autorités sont unanimes. "On le voit, les enfants qui passent par les centres, le système de préscolarisation sont mieux préparés, et l'intégration ultérieure dans l'école ordinaire se fait beaucoup plus facilement dans les villages où les familles seront affectées", selon Sylvie Bonvin-Sansonnens, conseillère d'Etat.