Refonte de l'horaire romand des CFF dès 2025

Les CFF et la Conférence des transports de la Suisse occidentale (CTSO) s'accordent sur une refonte de l’horaire CFF dès 2025 en Suisse romande. L'opération vise à renforcer la ponctualité et permettre la réalisation des travaux de renouvellement de l’infrastructure.

Le nouvel horaire pour la Suisse occidentale vise à renforcer la ponctualité et permettre la réalisation des travaux de renouvellement de l’infrastructure, ont dit en substance le conseiller d'Etat Jean-François Steiert et le directeur général des CFF Vincent Ducrot. © KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

L'accord a été détaillé vendredi à Fribourg, en présence notamment du conseiller d'Etat fribourgeois Jean-François Steiert, président de la CTSO, et du directeur général des CFF Vincent Ducrot. Il s'inscrit dans le contexte d'augmentation des chantiers due à l'âge nettement plus élevé des infrastructures qu'en moyenne nationale.

"En Suisse occidentale, la base de l'horaire n'a pas changé depuis Rail 2000", a dit Jean-François Steiert, s'exprimant au nom de sept gouvernements. Le ministre a relevé les retards accumulés depuis 30 ans dans la région. "C'est le moins mauvais horaire possible qui a été retenu", a-t-il résumé, de concert avec Vincent Ducrot.

Chaque canton est concerné avec ses propres intérêts, avec un réseau romand très interconnecté, a précisé Jean-François Steiert, qui s'est inquiété au passage des coupes financières voulues par la Confédération pour 2024. "Ce qui compte, ce n'est pas la grande vitesse, mais la redondance", a souligné le magistrat fribourgeois.

Le nouvel horaire vise à renforcer la ponctualité et à permettre la réalisation des nombreux travaux de renouvellement de l'infrastructure. En parallèle, il facilitera les chantiers de développement visant à introduire le plus rapidement possible de nouvelles offres pour les clientes et les clients.

Politique climatique

Grâce à un système ferroviaire fort, les objectifs de politique climatique de la Confédération pourront être atteints. Le nouvel horaire entrera en vigueur le 15 décembre 2024. Dans le détail, il est prévu de rallonger des temps de parcours et de faire de Renens (VD) une gare de correspondances entre des trains grandes lignes.

Le projet prévoit encore de prolonger systématiquement les trains RegioExpress de l'Arc lémanique jusqu'en Valais, d'introduire une nouvelle liaison Palézieux–Vevey (VD) et, de manière progressive, la cadence régionale à la demi-heure sur la ligne du Pied-du-Jura entre Bienne (BE), Neuchâtel et Yverdon-les-Bains (VD).

Les trains IC5, qui traverse la Suisse via Neuchâtel, auront ainsi tous leurs terminus à Lausanne chaque demi-heure, avec un changement à Renens pour les clients de et pour Genève. La cadence 30 minutes, pour Lausanne ou Genève, sera également à disposition des voyageurs à destination ou provenance de Bienne et Delémont.

Outre l'augmentation du nombre des voyageurs, impliquant des temps d'embarquement et de débarquement plus longs, de nombreuses améliorations d'offre sont venues se greffer année après année avec la création des RER, sans que les investissements n'aient suivi. Un constat déploré par Jean-François Steiert.

Moins ponctuels

En 2022, comme les années précédentes, les valeurs de ponctualité sur le réseau CFF ont été plus basses en Suisse occidentale (89,4%) qu'en moyenne suisse (92,5%). "En conséquence, la qualité d'offre est inférieure et des ruptures de correspondances sont plus fréquentes en Suisse occidentale", a admis Vincent Ducrot.

La cause du retard pris dans le renouvellement du réseau, notamment sur les lignes à fort trafic, revient à des intervalles suffisants. D'ici à 2030, il est désormais prévu d'investir globalement 6 milliards de francs dans le réseau romand ainsi que 1,7 milliard pour le nœud de Berne, dans le périmètre entre Flamatt et Thoune.

L'horaire 2025 n'empêchera pas des modifications ponctuelles d'horaires liées à des travaux d'ampleur impliquant des interruptions de tronçons. Comme le prouve la substitution annoncée des trains par des bus entre Fribourg et Berne durant huit semaines pendant les vacances d'été de l'an prochain.

L'horaire présenté dans ses grandes lignes à Fribourg se veut "transitoire et évolutif", a souligné Vincent Ducrot. Les partenaires continueront à travailler en "bonne coordination" jusqu'au changement d'horaire de décembre 2024. Ils apporteront, via un processus continu, de nouvelles modifications de l'horaire.

ATS
...