Rue devra proposer un nouveau budget communal en juillet
Après le refus populaire de la hausse d'impôts, l'exécutif de la commune doit présenter un nouveau budget en juillet, ou la préfecture pourrait intervenir.

La commune de Rue traverse une période de tensions budgétaires difficile. Dimanche, la population a massivement rejeté une hausse du taux d'imposition, qui devait passer de 77% à 95%. Ce refus populaire plonge l'exécutif dans une impasse financière. Avec un déficit estimé à 600'000 francs, la commune doit désormais présenter une nouvelle mouture de son budget devant le Conseil général, le 7 juillet prochain.
La situation est d'autant plus problématique que l'année budgétaire a déjà commencé. Valentin Bard, préfet de la Glâne, rappelle que l'obligation est d'avoir un budget avant le début de l'année. "Nous sommes en juin, et Rue n'a pas de budget 2026. Idéalement, il faudrait que ce soit réglé avant les vacances d'été." Sans solution rapide, la préfecture pourrait être contrainte d'intervenir en tant que médiateur, voire d'instaurer des mesures de surveillance. Dans le pire des cas, elle pourrait demander au Conseil d'État d'approuver un budget en lieu et place de la commune.
"Décisions irresponsables"
Même face au rejet populaire, et malgré le comité référendaire qui demande d'autres mesures, le syndic Joseph Aeby refuse de recourir à des économies qui, selon lui, pénaliseraient la vie locale. "Couper les subventions d'une fanfare, d'un club de foot ou d'autres associations, c'est prendre des décisions irresponsables qui impactent la formation des jeunes et la cohésion communale. Nous ne le voulons pas", affirme-t-il.
La commune de Rue n'est pas un cas isolé, comme le souligne Joseph Aeby: "Nous sommes victimes d'un environnement défavorable, mais nous ne sommes pas une exception." L'enjeu des prochaines semaines sera de trouver un équilibre entre les attentes des habitants, les réalités financières et la nécessité de préserver les services. Le syndic défend que la hausse des impôts reste indispensable à moyen terme. Il proposera probablement un nouveau taux révisé à la baisse à l'automne.
Il y a tout de même un point positif pour Rue : le refus parallèle de la Loi sur l'assainissement des finances (LAFE) permet à la commune d'économiser environ 250'000 francs de charges supplémentaires. Par ailleurs, le déficit provisoire peut être pour l'instant comblé par les réserves de la commune. Mais le préfet Valentin Bard met en garde en précisant que ce n'est pas une "solution infinie".


