Saint-Aubin: bataille d'eau autour du futur abattoir Micarna
Greenpeace chiffre à 1,4 million de litres d'eau par jour les besoins du futur abattoir à Saint-Aubin, ce que Migros conteste.
La sécheresse de cet été a mis à rude épreuve les ressources en eau de la Broye fribourgeoise, entraînant plusieurs restrictions communales. Dans ce contexte tendu, le projet de nouvel abattoir Micarna à Saint-Aubin suscite une nouvelle fois l'inquiétude de Greenpeace.
Une région déjà sous tension hydrique
Pour l'organisation environnementale, les derniers mois ont confirmé la fragilité de l'approvisionnement en eau dans la région. Les communes et le canton de Fribourg ont dû imposer des restrictions, ce qui rend d'autant plus problématique, selon Greenpeace, l'implantation d'un site industriel gourmand en eau. L'ONG estime que ces besoins risquent d'entrer en concurrence directe avec l'agriculture et les écosystèmes locaux, et juge le projet inadapté à une zone régulièrement touchée par le manque d'eau.
Migros conteste les chiffres avancés
Contacté, le groupe Migros réfute l'estimation de Greenpeace, affirmant qu'elle mélange des données de nature différente: certaines portent sur l'ensemble du site AgriCo, d'autres uniquement sur l'abattoir, sans distinguer consommations annuelles, projections futures et valeurs maximales. Selon Migros, le nouveau site nécessiterait au moins 40% d'eau supplémentaire par rapport à l'exploitation actuelle, à volume de transformation équivalent.
Pour Greenpeace, l'abattoir représenterait toutefois la part la plus importante de la consommation d'eau estimée pour l'ensemble du site agricole. L'organisation appelle Migros à communiquer des chiffres précis, estimant que son refus de le faire trahit une méconnaissance de ses propres besoins réels — un signe, selon elle, de l'insécurité qui pèse sur l'approvisionnement en eau de la région.
Le projet toujours contesté devant la justice
Rien n'est encore joué: le permis de construire, déposé en mai, fait l'objet d'un recours porté par Greenpeace, plusieurs autres organisations et des habitants de la région. La procédure est toujours en cours d'examen.


