Sécheresse: le canton demande l'aide de l'armée

La sécheresse menace une vingtaine d’alpages inaccessibles par la route: le canton demande l’aide de l’armée pour les approvisionner en eau.

Sans un ravitaillement immédiat, c’est le bien-être animal, voire la survie du bétail, qui sont menacés. © Keystone

Face à une sécheresse d’une intensité rare, le Conseil d’État du canton de Fribourg a officiellement demandé l’intervention de l’Armée suisse. L’objectif : assurer l’approvisionnement en eau d’une vingtaine d’alpages situés dans les Préalpes, inaccessibles par la route, où les réserves sont désormais à bout.

La canicule qui frappe l’Europe de l’Ouest par vagues successives depuis mai a placé les alpages dans une situation d’urgence, note le gouvernement dans un communiqué. Si certains exploitants parviennent encore à s’organiser par la route, des exploitations de la Veveyse, de la Gruyère et de la Singine ne peuvent être ravitaillées que par les airs.

"On vit une crise difficile", concède Didier Castella, Conseiller d'Etat en charge de la Direction des institutions, de l'agriculture et des forêts. Il a eu l'occasion de visiter quelques alpages ces derniers jours. "Ça fait peur, on voit qu'on doit s'adapter, créer des infrastructures. Il y a des choses qui devront être revues et on espère que la situation ne va pas se renouveler tous les ans."

Depuis le 28 juillet, l’entreprise privée Swiss Helicopter SA est déjà engagée, mais l’ampleur de la tâche nécessite désormais un renfort militaire.

Bétail menacé

"Actuellement, nous avons déjà des demandes pour une dizaine d’alpages", explique Christophe Bifrare, chef du Service de la protection de la population et des affaires militaires (SPPAM). "Les paysans qui sont dans les alpages concernés s’adressent à Agri Fribourg, puis la protection civile reprend le dispatching avec Swiss Helicopter et l’Armée suisse."

Le soutien financier de l’État sera calculé sur la base des coûts réels une fois l’opération terminée. Celle-ci pourrait aller jusqu’au 31 août. "L'intervention de l'armée permet aussi de limiter des coûts qui ne sont pas supportables par les alpagistes. Ce sera une bonne chose pour les exploitants qui vivent des moments difficiles", ajoute Didier Castella. Le canton espère pouvoir desservir les alpages en eau déjà cette semaine.

Sans un ravitaillement immédiat, c’est le bien-être animal, voire la survie du bétail, qui sont menacés. Contraints de redescendre prématurément en plaine, les troupeaux satureraient les ressources en eau et en fourrage des altitudes inférieures, remarque le communiqué du canton. Une situation encore aggravée par le fait que 5'000 bovins habituellement en estive en France doivent rester sur le territoire romand cette année suite à l’interdiction des pacages pour endiguer la dermatose nodulaire contagieuse.

Frapp - Mattia Pillonel
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