Sprunger: "Ma fin de carrière, c'est presque secondaire"

Après une nuit de fête, le capitaine des Dragons, désormais retraité du hockey sur glace, réagit à la première victoire du club en National League.

Après une nuit blanche, le capitaine des Dragons était dans nos studios à Villars-sur-Glâne vendredi matin. © RadioFr/Frapp

Radio Fribourg : Vous avez fait vibrer des dizaines de milliers de personnes hier soir. Comment vous sentez-vous ce matin ?

Un peu fatigué, mais c'est extraordinaire. Je crois qu'on n'a pas encore vraiment réalisé, parce qu'on est un peu trop dans notre bulle fribourgeoise. Le voyage du retour était long — on est rentrés vers cinq heures du matin — et il y avait des milliers de personnes qui nous attendaient. C'était magique.

La ville était en effervescence, la police cantonale a même dû couper les accès tellement il y avait de monde. Vous avez été accueillis en héros.

C'était fou. Mais on connaît Fribourg et on connaît nos supporters. Ça fait plus de cent matchs joués à guichets fermés, des gens qui passent des nuits entières pour obtenir des billets. On s'y attendait un peu, mais ça reste magique. C'est un énorme soulagement pour tout un club, tout un canton, qui attend ce titre depuis tellement longtemps. Partager ça avec tout le monde, c'est magnifique.

Ce titre rime aussi, pour vous, avec fin de carrière. Quelle est l'émotion qui prédomine en ce moment ?

J'ai encore un peu de peine à réaliser. On était tellement pris dans le rythme des playoffs — sur la glace tous les deux jours, rien d'autre ne comptait. Et puis d'un coup, c'est fini. Honnêtement, le fait que ma carrière se termine, c'est presque secondaire aujourd'hui. Ce titre prend tellement de place que le reste peut attendre. Ce que je sais, c'est que je peux partir l'esprit tranquille et totalement serein.

N'y a-t-il pas aussi une crainte de ce vide qui arrive, de ce moment où l'on se retrouve seul avec soi-même après une telle nuit ?

Depuis quelques semaines, j'essaie vraiment d'être dans le moment présent, parce que je savais que tout ça allait se refermer bientôt. J'ai essayé de m'imprégner de chaque instant. Les débuts de la série étaient difficiles émotionnellement, mais à partir des demi-finales, c'était de plus en plus beau. L'accès en finale, puis ce dernier match à Fribourg, puis le titre... Je savais que c'est ce que je voulais accomplir. Je l'ai fait. Je peux partir, l'esprit vraiment léger.

Ce titre, c'est aussi un titre pour tous ceux qui ont construit ce club avant vous.

Absolument, et j'en suis le premier conscient. Avant nous, il y avait des gens qui ont fait de Gottéron ce qu'il est aujourd'hui. Les Augustins, dont on a tous entendu parler. La promotion en Ligue nationale. Le fait d'être l'équipe présente depuis le plus longtemps en National League... tout ça rend ce club très spécial. C'était à nous d'écrire notre page, et j'espère qu'on a écrit la plus belle. C'est magique de pouvoir faire ça.

RadioFr. - Maëlle Robert
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