Vidéo: immersion dans le monde des streamers
Chaque soir, ils réunissent des milliers de spectateurs en ligne depuis leurs chambre. Découvrez l'un de ces nouveaux métiers d'internet.
Vous ne savez pas vraiment ce que c’est, mais vous avez sûrement déjà entendu parler du métier de streamer. C’est devenu, depuis quelques années, l’un des métiers les plus convoités par les jeunes. Le concept ? Une personne se filme en train de réaliser une activité, qu’elle partage en direct avec ses spectateurs.
À l’origine, le contenu était essentiellement du jeu vidéo, mais depuis la pandémie de 2020, le public s’est diversifié. Cuisiner, faire de la musique ou visiter une ville en direct est devenu tout aussi courant. Les stars de la plateforme, comme les Français Domingo ou Gotaga, organisent aussi des émissions en plateau, semblables à la télévision. Mais il existe une différence notable. Ici, le viewer (ndlr: anglicisme adopté pour parler d’un spectateur) peut directement interagir grâce à un chat de discussion.
Être streamer à Fribourg
Parmi le million de streamers actifs chaque jour dans le monde, moins d’1 % peut en vivre. Mais certains arrivent à tirer leur épingle du jeu, même à Fribourg. C’est le cas de Yann Perroulaz. Sous le pseudonyme Yannex, il se connecte chaque soir sur sa chaîne et diffuse du contenu pour environ 300 spectateurs. « Je suis passionné du jeu de voiture Trackmania depuis mes 8 ans. Un jour, en regardant d’autres streamers, j’ai voulu faire pareil. J’ai donc décidé, moi aussi, de partager ma passion », explique l’ex-pâtissier de 29 ans.
Quand on est streamer, il existe plusieurs moyens de gagner sa vie. « Des pubs passent sur mes streams et je touche un revenu, comme sur YouTube. J’ai également des partenariats avec des marques ou des jeux qui me paient pour faire la promotion de leurs produits. Mais mon revenu principal vient des abonnements », précise-t-il. En effet, bien que le visionnage soit gratuit, il est possible de s’abonner à son streamer favori pour environ 7 CHF par mois. Bien que cela offre de petits avantages, comme un badge de fidélité visible à côté du pseudo, l’abonnement est surtout une preuve de soutien.
Ce système fonctionne notamment grâce à l’esprit de solidarité, intrinsèque au monde du streaming. Chaque créateur entretient sa communauté, avec ses références, ses habitudes. Comme la plupart se connectent quotidiennement, le stream devient, pour les viewers, un lieu de rendez-vous, d’échange et de partage. Il n’est d’ailleurs pas rare que des amitiés se créent au-delà d’Internet. Certains se rencontrent même dans la vraie vie, sans nécessairement que le streamer en question soit présent.
À Fribourg, trois amis passionnés de jeux vidéo ont décidé d’utiliser le streaming à des fins de charité. Pascal, Jacky et Van Nhut ont créé l’association Caristream. Depuis 2017, ils organisent des événements pour récolter de l’argent. « Le concept a vu le jour en France avec le ZEvent, créé par le streamer Zerator et son collègue Dach. Du vendredi au dimanche, ils invitent d’autres créateurs à se réunir dans une salle pendant 50 heures non-stop pour divertir, tout en appelant aux dons. Nous avons voulu reproduire ce type d’événement en Suisse, à notre manière », explique Pascal, conseiller en vente chez Sunrise et président de Caristream.
Au fil du temps, le projet s’est développé. Entre 2017 et 2025, l’association a organisé cinq événements. Le dernier en date, tenu en octobre dernier, a permis de récolter près de 22’200 CHF en faveur de Rêves Suisse. « Les gens ont envie de participer à cet élan de charité. Ils veulent s’impliquer au niveau suisse. Ils répondent présents aussi quand il s’agit d’associations qui les touchent », détaille Pascal.
La Suisse en retard
Malgré tout, le monde du streaming reste encore une niche peu développée en Suisse. « En France, les nouveaux métiers d’Internet, comme youtubeur, streamer ou influenceur, sont compris depuis plusieurs années. Ici, c’est plus compliqué. Les gens ne savent pas en quoi consistent ces métiers. C’est à nous, petits, moyens et grands streamers, de promouvoir notre domaine auprès de la population », explique Jacky Kalbermatter, streamer amateur et vice-président de Caristream.
Aujourd’hui, plus d’un million de personnes streament quotidiennement sur Twitch. Avec 1,37 million de spectateurs en simultané, le GP Explorer 2025, course de Formule 4 organisée par Squeezie, est devenu le stream francophone atteignant le plus haut pic de viewers.


