Suisse-slovaque, une policière chouchoue des supporters

Elle s'appelle Julka Malandjou, et elle faisait partie de la contact-team de la police fribourgeoise durant ce mondial. Rencontre.

Place du fair-play, cette policière a surpris les fans slovaques et tchèques. © Police cantonale

RadioFr. La Slovaquie est justement venue jouer ce Mondial à Fribourg. Comment vous avez vécu le fait d'être policière en poste, place du fair-play, pendant toute la compétition, avec cette double-nationalité suisse et slovaque?

Julka Malandjou: J'ai ressenti une énorme fierté de voir autant de supporters slovaques et tchèques- on est un peu cousin, on parle plus ou moins la même langue. Ils sont venus en nombre. Ces supporters ont leurs musiques traditionnelles, leurs chants. Ils mettent une bonne ambiance. C'est un public joyeux. Après, moi, j'avais ce rôle de policière, bien sûr, je devais travailler, mais c'était amusant de discuter dans ma langue natale. 

Comment les supporters réagissaient en vous entendant parler slovaque ou tchèque?

Il y avait souvent un petit silence, le temps que les personnes réalisent. Beaucoup pensaient que j'étais policière en Slovaquie, détachée en Suisse pour ça! Je devais leur expliquer. Ensuite, ils étaient souvent très contents. On a fait énormément de photos. On a dû faire plus de mille selfies, avec mes collègues également. Les gens étaient très heureux de voir ce côté-là de la police, souriant, au contact de la foule.

Vous vous êtes prêtée au jeu sans hésiter?

On savait que c'était notre rôle d'être visible, de discuter avec les gens. Pour avoir vécu des championnats du monde à titre privé, je sais aussi que c'est très sympa, c'est bon enfant. Et puis, c'est clair, ça change complètement du rôle qu'on a habituellement. Là, on était un peu les mascottes en uniforme! (rires)

Vous avez beaucoup échangé avec les supporters. Que vous ont-ils demandé?

Une question qui est souvent revenue, c'est combien on gagne à la police en Suisse. On a aussi croisé pas mal de collègues, slovaques ou tchèques, qui comparaient un peu le matériel que nous avons ici. Les gens étaient curieux de savoir de quelle manière on travaillait. Ils nous trouvaient bien équipés. On fait clairement partie des policiers bien équipés dans le monde. 

Y a-t-il eu des moments un peu plus tendus, où le fait de parler slovaque a pu être utile pour votre travail?

Le fait d'être là en amont, de discuter avec les gens, d'être visible cela aide déjà beaucoup. Après, une fois, au fil de la soirée, avec l'effet de l'alcool, il y a eu une bagarre entre deux supporters slovaques. C'était un travail d'équipe, mais le fait que j'aie directement discuté avec eux, en slovaque, a aidé à désamorcer la situation. On s'est d'office tutoyé, cela a cassé une distance. Après, c'était une petite bagarre. Et c'est resté un cas isolé.

La compétition est terminée à Fribourg. La Slovaquie a été éliminée. Comment vous allez suivre le reste de la compétition?

Je vais continuer à supporter la Suisse maintenant, et à suivre le mondial à la télé!

RadioFr. - Maëlle Robert
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