Le théâtre comme tremplin vers le monde professionnel
Le projet "La Rampe" présente cette semaine une pièce jouée par des jeunes issus de la migration. Un défi pour ces acteurs qui apprennent encore le français.
À quelques jours de la première représentation, les jeunes peaufinent les derniers détails de leur pièce. Les acteurs et les actrices, qui ont entre 16 et 21 ans, la préparent depuis le mois de janvier. Leur particularité, c'est qu'ils sont allophones. C'est-à-dire que le français n'est pas leur langue maternelle. Ils viennent d'Afghanistan, de Macédoine, de Colombie, d'Iran ou encore d'Espagne et habitent en Suisse que depuis quelques années. David Gomez, l’un des acteurs, explique: "je parle espagnol, donc je comprends bien le français, mais c’est très difficile de parler."
"C’est une nouvelle expérience pour moi de jouer dans une langue que je suis encore en train d’apprendre", témoigne Hana Aswak, une autre actrice. "C’est un peu stressant, mais en même temps c’est amusant."
Nouvelle manière de travailler
Leur metteur en scène, Steeven Chakroun, a l'habitude de travailler avec des comédiens professionnels et francophones. Il a donc dû adapter son approche du théâtre. "Trouver la bonne méthode de travail c’était le plus compliqué", détaille-t-il. "J’ai commencé avec beaucoup de jeu, pour trouver des raccourcis et ne pas devoir expliquer les concepts scéniques avec plein de mots très compliqués."
Il y a des détails très précis sur lesquels il était important de se concentrer, comme l’articulation. Steeven Chakroun a travaillé cet aspect non seulement en français, mais aussi dans les langues maternelles respectives des jeunes.
Comme au travail
Tous les comédiens sont actuellement dans une classe d'intégration, qui leur donne des bases pour pouvoir ensuite se lancer dans la vie professionnelle. Parce qu'entre le théâtre et le monde du travail, il y a beaucoup de similarités. Ce sont les arguments de Yann Mercanton, qui est à l’origine du projet. "Au théâtre on répète beaucoup pour atteindre une maîtrise du geste, comme au travail. Il y a également un côté social, qui permet de s’exposer, d’oser aller vers l’autre et de s’exprimer", explique-t-il.
Même si le projet n'est pas encore fini, ses bénéfices se font déjà ressentir chez les participants, qui relèvent des améliorations en français, une timidité moins présente ou encore des échanges très enrichissants et de nouvelles amitiés.
Les représentations commencent ce mercredi soir au théâtre de la cité à Fribourg et se poursuivent jusqu'au dimanche 19 avril.


