"Les fans des groupes ultras savent qui c’est"
La punition contre les ultras de Gottéron est-elle justifiée? Comment rester ferme sans gâcher la fête dans la patinoire? On en débat dans Fribourg Fait Maison.

Les images ont choqué les supporters et relancé le débat sur la sécurité dans les patinoires suisses. Samedi dernier, à l’issue du match entre Lausanne et Fribourg-Gottéron, des affrontements ont éclaté à la Vaudoise Aréna. Des coups ont été échangés entre supporters, du matériel publicitaire a été arraché et des projectiles ont été lancés sur la glace. Deux supporters lausannois (au moins) ont été agressés près de la gare de Prilly-Malley. Blessés, ils ont été hospitalisés. Une enquête pénale est en cours.
Lundi, Fribourg-Gottéron a annoncé de lourdes sanctions contre deux groupes de supporters, les Fribvrgensis XIV et les Fanatics, interdisant les membres de leur comité d'accès à la patinoire. Les banderoles, drapeaux, tifos et équipements de sonorisation sont interdits à la BCF Arena. En déplacement, leurs accessoires de supporters sont également interdits jusqu’au 23 décembre inclus.
John Gobbi, le directeur général de Fribourg-Gottéron a justifié la fermeté des mesures par le non-respect de la charte signée par les groupes de supporters. Il a rappelé que la sécurité constituait une priorité pour le club.
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On en débat dans Fribourg Fait Maison:
Comment éviter que quelques individus ne pénalisent des milliers de supporters? Les sanctions sont-elles suffisantes? Et comment concilier sécurité et ambiance dans les patinoires? L’émission Fribourg Fait Maison répond à ces questions. Autour de la table, Alexandre Pittet, président des White Buck, l’un des dix fan's clubs officiels de Fribourg-Gottéron, et Romain Collaud, conseiller d’État fribourgeois et président de la Conférence latine des chefs des départements de justice et police.
La Télé/RadioFr: Comprenez-vous les sanctions prises par Gottéron, Alexandre Pittet?
Alexandre Pittet: Je dirais qu’on les comprend parce qu’on a tous signé une charte où on doit justement respecter les clubs adverses autant que notre club. Donc, au bout d’un moment, quand on n’agit pas correctement, c’est normal qu’il y ait des sanctions qui tombent.
Les ultras condamnent aussi les violences, mais estiment être punis collectivement. Que vous ont-ils dit?
Alexandre Pittet: Ils condamnent aussi ce qui s’est passé dans la patinoire. Ils sont aussi pour rechercher les auteurs de ces problèmes. Et ils jugent qu’en réalité, c’est punir beaucoup de monde pour peu de personnes qui ont commis ces actes.
Les fans des groupes ultras savent qui c’est. Je sais bien que la délation, ce n’est pas très bien, mais, à un moment donné, il faut s’autogérer.
Romain Collaud, vous appelez les groupes à s’autogérer. Pensez-vous que les fauteurs de troubles sont connus des autres supporters?
Romain Collaud: On parle certainement d’une dizaine de personnes. Moi, j’appelle à une autogestion. Si on ne peut pas les identifier nous-mêmes à cause des cagoules, je pense qu’à l’interne même, les fans des groupes ultras savent qui c’est. Je sais bien que la délation, ce n’est pas forcément très bien, mais, à un moment donné, il faut s’autogérer et faire cesser ces agissements qui ne sont pas tolérables.
Selon vous, Lausanne doit également prendre des mesures contre ses propores supporters?
Romain Collaud : Je pense que c’est important que le LHC prenne aussi des mesures, parce qu’on doit avoir une unité de matière en Suisse sur ces cas-là. Il faut pouvoir dire à tous les ultras de Suisse: maintenant, c’est terminé. Si vous voulez vous battre, allez dans la forêt si vous en avez envie, faites ça entre vous, mais on ne veut plus voir ça en public, ni dans les patinoires, ni dans les gares, ni nulle part.
Le contrôle par la carte d’identité à l’entrée des patinoires, comme à Zoug, pourrait-il être une solution?
Romain Collaud: Je pense que la carte d’identité règle une toute petite partie du problème, parce qu’elle permet de contrôler les gens qui entrent dans la patinoire. Mais comme on l’a vu à Lausanne, le gros problème, ce sont aussi les gens qui gravitent autour de la patinoire. À mon avis, l’un des systèmes les plus efficaces, c’est clairement la distribution de billets nominatifs. Et quand on veut monter dans un car, on contrôle l’identité par rapport au nom sur le billet. Et puis, pour les cas les plus graves, il peut aussi y avoir l’obligation de se présenter à la police. C’est vraiment une combinaison de choses qu’on doit mettre en place. Ce n’est pas seulement un élément.
Il faut reconnaître le travail de ces groupes d'ultras lors de la saison dernière. Et là, dix personnes atténuent ce travail.
Alexandre Pittet, faut-il durcir encore les sanctions, par exemple en retirant automatiquement l’abonnement aux supporters violents?
Alexandre Pittet: Des renforcements sont certainement nécessaires. Nous, les fan's clubs officiels, on a chaque année une réunion avec le club, où ils nous présentent les nouvelles mesures de sécurité. Ils nous expliquent les sanctions et tout ce qui peut arriver. Je trouve que les mesures actuelles sont largement assez dures. Pour quelqu’un qui commet une petite faute, c’est assez féroce. Mais, en attendant, il y a quand même certains comportements qu’on ne doit pas avoir dans les patinoires. Ce qu’on a vu à Lausanne, c’est inadmissible.
Malgré les sanctions, comment préserver l’ambiance dans les patinoires?
Alexandre Pittet: Je pense qu’il faut surtout reconnaître le travail de ces groupes d’ultras dans la patinoire. L’année passée, on a vécu une saison extraordinaire et ils ont fait des tifos vraiment extraordinaires, notamment celui en l’honneur de Julien Sprunger. Ils font un boulot superbe. Et justement, de nouveau, dix de ces personnes atténuent tout ce travail. C’est ça qui est malheureux dans l’histoire. Mais c’est vrai que des gens motivés, des gens passionnés, on en a toujours besoin dans une patinoire.
L'intégralité du débat de Fribourg Fait Maison:

