Crans-Montana: un appel à "vivre intensément" et un pardon

La cérémonie d'hommage aux victimes de Crans-Montana s'est déroulée vendredi à Martigny dans la sobriété et l'émotion. Trois adolescents ont appelé la jeunesse à "rester forte et debout", tandis que le président du gouvernement valaisan Mathias Reynard a demandé "pardon" aux jeunes touchés au nom de toute la communauté.

En images, les moments de la cérémonie d'hommage aux victimes. © KEYSTONE
En images, les moments de la cérémonie d'hommage aux victimes. © KEYSTONE
En images, les moments de la cérémonie d'hommage aux victimes. © KEYSTONE
En images, les moments de la cérémonie d'hommage aux victimes. © KEYSTONE
En images, les moments de la cérémonie d'hommage aux victimes. © KEYSTONE
En images, les moments de la cérémonie d'hommage aux victimes. © KEYSTONE
En images, les moments de la cérémonie d'hommage aux victimes. © KEYSTONE
En images, les moments de la cérémonie d'hommage aux victimes. © KEYSTONE
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Quelque 700 invités, dont 150 proches des victimes, des officiels issus d'une trentaine de pays et des secouristes, ont participé à cette cérémonie. Environ 200 journalistes se sont aussi déplacés au CERM de Martigny pour cet événement inédit dans l'histoire de la Suisse.

Les mines graves, souvent en larmes, l'audience a été particulièrement touchée par le discours de trois jeunes, présents à Crans-Montana la nuit de la tragédie. "Nous ne pourrons jamais oublier ce que nous avons vu ce soir-là, ces images insoutenables, ces scènes d'apocalypse. Mais nous devons transformer ce drame en force", a affirmé l'une de ces adolescentes.

Elle a rendu hommage à celles et ceux "qui sont partis trop tôt", à leurs "rêves interrompus", à leurs "voix remplacées par le silence." Pour les familles et les amis, "faisons en sorte que cette douleur ne soit pas vaine et n'attendons plus pour dire à nos proches qu'on les aime", a-t-elle dit.

Ces trois adolescents - deux filles et un garçon - ont appelé la jeunesse à "vivre intensément, ici et maintenant", à "profiter de chaque instant tant que le soleil brille" même si le monde paraît "fragile, dur et injuste".

Mathias Reynard demande pardon

Mathias Reynard a aussi eu des mots forts pour ces jeunes, frappés "sans que rien ne soit de leur faute". Il a affirmé que "comme adultes et responsables politiques, la moindre des choses est de présenter des excuses de toute la communauté", a-t-il déclaré.

Ses mots ont tranché avec la position des autorités communales de Crans-Montana, qui ont suscité l'indignation en ne demandant pas pardon, il y a trois jours, lors d'une conférence de presse. Vendredi soir, la vice-présidente de la commune Nicole Bonvin Clivaz a toutefois adressé, sur les ondes de la RTS, "nos excuses et notre pardon à toutes les familles qui sont dans le deuil et la peine".

La voix brisée par l'émotion, Mathias Reynard a dit toute sa compassion envers les victimes et leurs proches. Il a aussi honoré les secouristes, les soignants ou encore tous les pays qui ont "tendu la main" pour aider la Suisse. Il a particulièrement remercié les présidents français Emmanuel Macron et italien Sergio Mattarella, présents à Martigny, et dont les pays ont été "durement touchés" par la tragédie.

Le temps de la justice

Le président de la Confédération Guy Parmelin a aussi pris la parole pour rendre hommage aux personnes dont le destin a basculé "lors d'une nuit d'horreur". La Suisse "s'incline devant la mémoire de celles et de ceux qui ne sont plus, elle est au chevet de celles et de ceux qui s'apprêtent à entamer un long chemin de reconstruction", a-t-il souligné.

En ce jour de deuil national, la Suisse tout entière forme "une seule et même famille d'affligés", a-t-il continué. Il a évoqué "un jour de mémoire que nous devons aux disparus et aux blessés", mais aussi un "jour d'anticipation" pour les autorités qui devront "impérieusement tirer tous les enseignements" de cette tragédie et garantir la sécurité dans les établissements publics.

Comme Mathias Reynard, Guy Parmelin a évoqué l'enquête judiciaire qui, "sans retard ni complaisance", devra dévoiler "les manquements au grand jour" et "sanctionner" les coupables. C'est "une responsabilité morale en plus d'être un devoir d'Etat", a-t-il assuré.

La cérémonie a duré environ une heure et demie, marquée également par des interludes musicaux et deux textes lus par la comédienne Olivia Seigne. C'est le journaliste Benoît Aymon qui a officié comme maître de cérémonie. Celle-ci s'est achevée lorsque les invités, une rose blanche dans la main, ont défilé et sont allés poser leur fleur sur un mémorial.

ATS
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