Un apprenti sur dix suit ses cours hors du canton
Des députés s'inquiètent d'un exode d'apprentis vers d'autres cantons. Mais le Conseil d'Etat ne constate aucune évolution inquiétante.

À la suite d'un article du Freiburger Nachrichten de mars dernier, les députés au Grand conseil Markus Stöckli (Centre Gauche) et Achim Schneuwli (UDC) ont interpellé le Gouvernement fribourgeois. Leur crainte: un exode des apprentis de diverses branches vers le canton de Berne, surtout dans la partie alémanique du canton de Fribourg. L'inquiétude se porte sur des professions techniques: polymécanicien, automaticien, électronicien ou mécanicien de production.
Selon les deux élus du Grand conseil, de plus en plus de cours suivis hors canton pourraient avoir, à long terme, "des répercussions négatives sur la disponibilité du personnel qualifié et l'attractivité de certaines professions".
Dans sa réponse, publiée lundi, le Conseil d'Etat fribourgeois relève une évolution stable depuis 5 ans avec 1'107 contrats alémaniques en 2020 contre 1'143 à fin juin 2026, soit environ 10% du nombre des apprentis fribourgeois. 686 apprentis sont francophones, contre 457 alémaniques. À l'inverse, le canton de Fribourg accueille environ 360 apprentis venant d'autres régions de Suisse.
Seuil légal
Pour expliquer ces chiffres, l'Exécutif pointe des effectifs parfois trop faibles pour ouvrir certaines classes dans le Canton. Le Conseil d'Etat qui rappelle que, selon la loi, un nombre minimum de dix apprentis par année et par métier est nécessaire pour ouvrir une classe. Les effectifs sont parfois inférieurs à ce seuil, obligeant les apprentis concernés à suivre leurs cours professionnels dans un autre canton. Pour les défrayer, le canton de Fribourg prévoit des indemnités de transport.
En ce qui concerne le nombre d'apprentis dans les métiers techniques précités, le Conseil d'Etat précise qu'il n'y en a pas moins cette année que les années précédentes. Au contraire, le taux de contrats pour les métiers techniques est passé de 29,3 % en 2016 à 30,7 % en 2025.
Le Conseil d’État reconnaît cependant un problème structurel dans la partie alémanique. Le nombre d’entreprises formatrices est trop faible dans certaines professions, ce qui empêche d'atteindre les effectifs nécessaires.
Point important à noter dans la réponse du Conseil d’État, le Canton dit ne disposer d'aucune donnée sur la suite professionnelle des apprentis qui étudient hors canton. Il ne sait donc pas précisément combien reviennent travailler à Fribourg après leur diplôme.


