Quel avenir pour les chercheurs suisses?

Conditions de travail précaires, contrats incertains, perspectives d'avenir presque inexistantes: une pétition nationale a été lancée.

80% du corps intermédiaire dans les Universités en Suisse est engagé avec des contrats à durée déterminée. © Site web consacré à la pétition

On évoque souvent l’excellence du monde de la recherche en Suisse. Ce dont on parle moins, c’est la précarité qui guette les chercheurs. Selon des estimations, 80% du corps intermédiaire dans les Universités en Suisse, soit environ 40'000 personnes, est engagé avec des contrats à durée déterminée, le plus souvent sans possibilité d’envisager une carrière universitaire sur le long terme. 

Une pétition nationale en faveur de l'amélioration des conditions de travail des chercheurs et chercheuses a été déposée en fin d’année dernière à Berne. Elle demande une amélioration des conditions de travail des postdoctorants, assistants ou encore chargés de cours. Plusieurs collaborateurs de l’Université de Fribourg l’ont également signée. C’est le cas de cette assistante-docteure qui a souhaité rester anonyme. 

Angoissée par l'incertitude liée à son avenir académique, cette chercheuse a décidé de quitter le monde de la recherche universitaire.

Un monde académique régi par la loi de la jungle?

D'autres dénoncent un monde académique qui serait régi par un système pyramidal, où les places tout en haut, à savoir les places de professeur avec des contrats à durée indéterminée, sont chères. Une sorte de "loi de la jungle", accuse un collaborateur scientifique au sein de l’Université de Fribourg. 

Ces déclarations surprennent Astrid Epiney, la rectrice de l’Université de Fribourg. Elle affirme qu'un sondage, mené récemment auprès des collaborateurs concernés, n'a pas permis de faire ressortir d'éléments alarmants. Pas de problèmes systémiques donc. Pourtant, plusieurs témoignages récoltés, suggèrent que les difficultés financières et la détresse psychologique sont le quotidien de plusieurs membres du corps intermédiaire.

L’Université de Fribourg ne reste pas insensible à ces propos et envisage des pistes d'amélioration. Sa rectrice reconnaît qu'il y a une marge de progression. 

L'Université indique également avoir déjà mis en place des mesures pour améliorer les conditions de travail de la relève scientifique. Elle a présenté au gouvernement fribourgeois sa stratégie 2030, dans laquelle elle y détermine ses futurs besoins, notamment en termes de postes à durée indéterminée. Le gouvernement fribourgeois doit y donner suite prochainement.

RadioFr. / Frapp - Mehdi Piccand / Marc Schaller
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