Agriculture: une vente aux enchères bien particulière!
Chaque lundi se déroule le marché au gros bétail dans le canton. Il change d'emplacement chaque semaine. Reportage à Bulle.

Ce ne sont pas des œuvres d'art qui sont mises aux enchères ici (quoique...), mais du bétail. Génisses, taureaux, veaux, il y a de tout. Bienvenue au marché au gros bétail du canton de Fribourg. Chaque semaine, le lundi, une mise aux enchères est organisée dans un lieu de la région: Romont, Fribourg, Planfayon, Bulle, etc. Les agriculteurs apportent leur bétail et des acheteurs de Suisse romande et même de Berne et Soleure, que ce soit des bouchers, d'autres agriculteurs ou des abattoirs, se "battent" pour remporter le lot. Mais avant cela, la bête est pesée, marquée et analysée par ceux qu'on appelle les taxateurs.
Des experts impartiaux
Ces taxateurs de Proviande, la faîtière de la filière de la viande en Suisse, ont pour mission de déterminer un prix minimum auquel sera vendu l'animal en question. Pour ce faire, ils analysent la forme du bovin, sa taille et le palpent en différents endroits pour déceler son gras. Une fois tout cela fait, la bête est prête pour les enchères. C'est là que Guillaume Kolly intervient.
Le gérant de la coopérative fribourgeoise pour l'écoulement du bétail s'occupe des ventes. Il crie les prix de bases, le poids et le type de vache, de génisse etc. "A partir de 8 heures, je rentre dans mon rôle de crieur. Je mets en relation les vendeurs et les acheteurs, à savoir qu'ils ne parlent pas toujours la même langue." Son but: que chaque bête parte au meilleur prix.
Le négoce, tout un art
Les vendeurs essaient forcément d'influencer les acheteurs, voire le crieur. Ils ont tout intérêt à le faire pour que leur bête soit vendue plus chère que le prix plancher fixé par les taxateurs de Proviande. Et s'ils ne sont pas satisfaits, ils ont tout à fait le droit de rentrer chez eux avec leur bétail, explique le président de la coopérative fribourgeoise pour l'écoulement du bétail Philippe Bapst.
A Bulle, nous avons suivi un acheteur venu de l'Emmental, Sammy. Grand habitué de ces marché au gros bétail, il est fin négociateur:
Ce lundi-là, à Bulle, il y avait près de 170 bêtes en vente. Un chiffre largement plus élevé que la moyenne; la faute à la sécheresse et au manque de fourrage qui forcent les agriculteurs à vendre plus de bétail.
