Vers une révolution dans le monde funéraire fribourgeois
Actuellement, n'importe qui peut exploiter une entreprise de pompes funèbres. Le gouvernement veut changer ça.

C’est une petite révolution qui est en marche dans le monde des pompes funèbres. En mars dernier, le gouvernement fribourgeois a mis en consultation un avant-projet de loi qui vise à encadrer et réglementer les pompes funèbres et les prévoyances funéraires.
Cette loi vient d’une motion acceptée par le Grand conseil, mais aussi de l’initiative de Mehdi Ruffieux, directeur des pompes funèbres Ruffieux à Romont. Pour lui, le secteur funéraire manque de cadre. "Aujourd'hui, il n'y a aucune réglementation dans le milieu. Le canton de Fribourg est en retard." Il a donc demandé au gouvernement d'agir.
Aujourd'hui, il n'y a aucune réglementation dans le milieu. Le canton de Fribourg est en retard.
Rendre les formations obligatoires
Actuellement, il existe bien des formations: un brevet fédéral depuis 2000 (pour le faire, il faut avoir travaillé trois ans à 100 % dans une entreprise funéraire) et un apprentissage depuis 2019. Ces formations ne sont toutefois pas obligatoires. Cette avant projet de loi changerait cela.
Pour exploiter une telle entreprise funéraire un brevet serait nécessaire. Mehdi Ruffieux estime qu'aujourd'hui la moitié des entreprises fribourgeoises remplissent cette condition. "Les autres auraient plusieurs années pour se mettre à jour", rassure celui qui est aussi expert formation pour la Suisse romande au sein de l'organisation suisse des services funéraires.
Pour Mehdi Ruffieux, cette loi permettra de protéger les clients. Le Glânois fait ce constat: ces dix dernières années, il y a de plus en plus de personnes hors milieu qui arrivent sur le marché, sans formation ni expérience. "Ce sont parfois des personnes qui ont réalisé des stages de quelques jours qui se lancent. Le risque est d'être mal reçu, mal conseillé."
Le Glânois met aussi en garde contre les entreprises actives uniquement sur internet. "Conclure une prévoyance funéraire en un clic peut-être dangereux, il faut savoir qui se trouve derrière chaque offre."
Assurer les fonds
Cet avant-projet de loi demande aussi aux prévoyances funéraires le remboursement intégral des montants qui leur ont été versés en cas de cessation d’activité.
L'Etat met en garde: "les contrevenants à cette obligation seraient passibles d’une amende jusqu’à 20'000 francs, voire 50'000."
Fabrice Carrel est le cofondateur de la prévoyance funéraire villaroise Everlife. "C'est une très bonne chose, cela va dans l'intérêt des familles. Aujourd'hui, les personnes qui souscrivent une prévoyance funéraire chez nous ont 55 ans en moyenne. Il faut garantir que l'argent sera là, le jour où ils partiront."
Par contre, Fabrice Carrel souhaite que cette nouvelle loi ne bride pas l'innovation: "Il faut laisser l'accès à la formation assez ouverte pour que les nouveau arrivants sur le marché puisse s'y inscrire."
L'avant projet de loi est en consultation jusqu’au 19 juin.