Quinze ans de prison pour le poignardeur d'enfants

Le jeune homme qui a poignardé en pleine rue trois enfants en octobre 2024 à Zurich est reconnu coupable de tentatives d'assassinat.

Le prévenu a attaqué le groupe d'enfants de la garderie en pleine rue. Trois garçons ont été blessés (archives). © KEYSTONE/MICHAEL BUHOLZER

Dans son jugement rendu vendredi, le Tribunal de district de Zurich a déclaré coupable de tentatives d'assassinat l'étudiant chinois âgé de 25 ans, qui avait poignardé trois enfants. L'accusé écope de quinze ans de prison et d'une expulsion du territoire suisse. Les juges ont ainsi suivi le réquisitoire du procureur sur toute la ligne.

Le 1er octobre 2024 à la mi-journée, le prévenu a attaqué en pleine rue un groupe d'élèves d'école enfantine pris en charge par une garderie à Zurich-Oerlikon. Deux des trois garçons touchés, âgés de 5 ans, ont été grièvement blessés. L'employée de la garderie et des passants ont pu finalement maîtriser l'agresseur avant l'arrivée de la police.

Acte planifié

L'accusé a planifié et commis son acte "froidement" et "sans scrupule", a dénoncé la présidente du tribunal. Il a choisi des victimes particulièrement vulnérables.

Selon l'acte d'accusation, il s'était informé avec ChatGPT, en août 2024, à propos des conséquences juridiques d'homicides à l'arme blanche sur des victimes visées au hasard ou encore au sujet de l'anatomie du corps humain. Le prévenu avait en outre commandé en ligne un set de couteaux dès septembre.

La veille de son passage à l'acte, il a acheté un morceau de viande de boeuf pour s'entraîner à porter des coups de couteau. Selon l'accusation, il était motivé par un désir de vengeance et un besoin de reconnaissance.

Juges pas raccord avec l'expert

La Cour a décidé que le jeune homme, qui souffrait de troubles psychotiques au moment des faits selon l'expertise, était responsable de ses actes. Ses troubles lui valent toutefois des circonstances atténuantes.

D'après l’expert psychiatrique, ces troubles sont apparus en mai ou juin 2024 à travers une phase dépressive. La radicalisation de l'individu s’est opérée à mesure que sa maladie progressait, son délire s’étant nourri de sujets d’actualité tels que des agressions au couteau en Chine.

Selon le psychiatre, l’intention de tuer est une conséquence de la maladie. Il estime que le prévenu ne présente actuellement aucun symptôme aigu et que le risque de récidive pour des actes de violences est faible.

Pour les juges toutefois, le prévenu n'a pas agi uniquement sous l'emprise de la maladie psychique. Le tribunal n'a pas cru à ses explications, selon lesquelles il avait entendu une voix l'incitant à s'en prendre à ses victimes. Il n'en avait jamais fait mention face aux enquêteurs. Le jeune homme doit verser au total 100'000 francs de réparation pour tort moral aux trois enfants qu'il a blessés.

La défense fait appel

La défense avait demandé l'acquittement de l'accusé. Elle invoquait qu'il n'était pas responsable de ses actes, il y a deux ans. Or le jeune homme est aujourd'hui à nouveau en bonne santé d'après son avocat, qui a annoncé aux médias qu'il fera appel de ce jugement.

Au cours du procès qui s'est déroulé jeudi, l'accusé a demandé pardon aux familles concernées et aux enfants blessés. Il a aussi admis que son acte était "inexcusable".

ATS
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