L'École du métal de Bulle forme depuis 20 ans
Fondée en 2005 par quatre entreprises régionales, l'École du métal de Bulle célèbre cette année un jubilé. Rencontre avec Patrice Magnin, formateur depuis plus de dix ans.

La semaine dernière, l'École du métal a soufflé ses 20 bougies en grande pompe. Sponsors, formateurs et anciens élèves étaient au rendez-vous. Pour marquer l'occasion, des capsules vidéo ont été réalisées avec d'anciens apprentis, y compris ceux qui ne pouvaient pas se déplacer. "C'était un très beau moment", résume Patrice Magnin, formateur.
L'histoire commence en 2005, quand quatre entrepreneurs de la région — Sottas, Morand, CMA et Progin — décident de s'associer pour créer un centre de formation commun. Le constat était simple: dans un contexte économique difficile, la formation des apprentis passait au second plan au profit de la production. "On a tendance à moins bien former quand les temps sont durs", explique le formateur. Ensemble, ils ont décidé de changer la donne.
Depuis, le paysage entrepreneurial a un peu évolué: suite à la faillite de Progin en 2024, c'est l'entreprise Stéphane à Givisiez qui a rejoint le groupe fondateur. Les apprentis concernés par cette faillite ont tous été repris par Sottas, une issue que Patrice Magnin qualifie de "magnifique", même si l'événement reste marquant pour de jeunes gens en pleine formation.
Une quinzaine d'apprentis par volée
Chaque année, l'école accueille environ quinze jeunes de 15-16 ans. Le profil? Celui qu'on croise partout: des adolescents souvent très à l'aise avec les écrans et la technologie. "Mais ils arrivent à faire le saut vers le métier pratique", assure Patrice Magnin. Les amateurs de bricolage restent bien présents, même s'ils cohabitent désormais avec une génération de gamers et d'utilisateurs de tablettes.
Les filles, elles, sont encore peu nombreuses. Le métier reste physiquement exigeant — machines portatives, pièces lourdes, efforts soutenus — ce qui freine encore certaines vocations féminines, même si le formateur reconnaît volontiers que les filles qui franchissent le pas font preuve d'une plus grande maturité.
Un parcours en alternance bien rodé
La première année, les apprentis passent environ deux mois et demi à l'école, entrecoupés d'une dizaine de semaines de stages en entreprise, répartis en trois blocs. Des cours interentreprises complètent la formation à Villaz-Saint-Pierre. Chaque étape est évaluée, ce qui permet à Patrice Magnin d'identifier et corriger les points faibles au fil du parcours.
Les nouvelles technologies ont profondément transformé le quotidien du métier: découpe laser, machines automatisées qui tournent la nuit... L'apprenti qui arrive le matin trouve ses pièces prêtes sur palette. L'école, elle, mise sur les fondamentaux: "L'axe est donné sur la formation de base, essentiellement."
Une école qui inspire et qui rayonne
Le pari semble réussi. Nombreux sont les apprentis qui, une fois leur CFC en poche, poursuivent vers des formations supérieures : maîtrise fédérale, brevet, cours de soudure ou de chef d'atelier. Signe que l'école ne transmet pas seulement un savoir-faire, mais aussi une passion pour le métier. La preuve la plus visible de cette qualité? Les Swiss Skills. Les apprentis de l'École du Métal y remportent régulièrement des prix, une fierté qui fait boule de neige : voir un aîné briller en compétition donne envie aux plus jeunes de se dépasser à leur tour.
Ecoutez l'interview de Patrice Magnin, formateur à l'école du métal de Bulle:


